FINALE MONDIALE DE SAVATE–BOXE FRANÇAISE
Nadège Mengong n’a pas pu piler Emma dans le Mortier
La Camerounaise de 32 ans a été battue au terme de la 4e reprise par la Française de 31 ans dans ce combat des -48kg, pour un titre mondial, au Palais polyvalent des sports de Yaoundé, samedi 29 novembre 2025.
Deux championnes de poids, de deux pays et deux continents, se sont affrontées : la Camerounaise Nadège Mengong (32 ans), double championne d’Afrique et plusieurs fois championne du Cameroun (poings rouges) contre la Française Emma Mortier (31 ans), 12 combats : 12 victoires, 5 ko, double championne de France, dans la catégorie de -48kg, au Palais polyvalent des sports de Yaoundé, samedi 29 novembre 2025.
Lancées dans le ring à 20H00, les tireuses ont donné le meilleur de ce que contient la savate-boxe française dans sa forme combat. À la première reprise, l’on assiste à une pluie de techniques, où coups de pied fouetté, chassé, chassé frontal, chassé latéral (mais rarement des revers) alternent avec des rafales de coups de poing jabs (pour les attaques et le maintien à distance de l’adversaire), les crochets, les esquives, les parades, les feintes, beaucoup de cadrage, mais rarement des uppercuts. Cette 1ère reprise (synonyme de round en boxe anglaise) de 2mn se solde par un équilibre, même si la Française se démarque par sa prestance et son agilité.
Une victoire sans KO
La 2è et la 3è reprises ne sont pas très différentes de la première. Le public euphorique est plus engagé que les tireuses dans le ring. On distingue deux camps de supporters interposés. D’un côté, le public camerounais qui crie : «la ceinture doit rester au Cameroun. Nadège, assomme-la!», et de l’autre, des voix françaises dans lesquelles le nom de Emma est devenu un refrain. Et alors que le public s’attend à ce que l’arbitre centrale lève la main du vainqueur après la 3e reprise, c’est à une 4è reprise qu’il relance les combattantes. Et l’épuisement de Nadège se fait ressentir. C’est donc sans surprise que l’Italien, après le verdict unanimement lu par les juges (camerounais, congolais, français et italien), lèvera le poing bleu gauche d’Emma Mortier. La Française a pratiquement éclaté en sanglots alors que Michel Dissake Mbarga, le représentant du ministre des Sports et de l’Éducation physique, lui ceint la hanche de l’épaisse ceinture verte. Elle rentre du Cameroun avec le titre de championne du monde, mais sans KO, et Nadège Mengong est classée vice-championne du monde.
Dans l’ensemble, les fruits n’ont pas trahi la promesse des fleurs. Un public bien conquis a été tenu en laisse pendant toute l’après-midi. Un public de notoriétés tant au niveau mondial que national : représentants du gouverneur de la région du Centre, du super-maire de Yaoundé, du ministre des Sports ; présence des responsables de la Fédération internationale de savate ; vice-président de la Fédération française de savate-boxe française (Gilles Le Duigou), présidents des fédérations congolaise et camerounaise (Me Cyrille Mandeng Bakadal) de savate-boxe française ; des hommes et femmes des médias, etc.
La Fédération camerounaise de savate-boxe française a mis les petits plats dans les grands. Des finales en lever de rideau chez les cadets, juniors (savate assaut : sans puissance), séniors (combats) chez les dames et messieurs entre tireurs camerounais et entre tireuses camerounaise et congolaise, ont rendu un plateau hautement relevé avec en prime des ceintures et des trophées.
André T. Essomé
REACTIONS
EMMA MORTIER, 31 ans, championne du monde, -48 kg
«Merci au Cameroun d’avoir accueilli cette finale!»
Je pense que la différence s’est faite à plusieurs niveaux : sur le plan technique, sur la puissance, sur la prestance du combat, probablement. On a été parfaitement accueilli. Tout le monde était très gentil avec nous, très chaleureux, très à notre écoute. Vraiment, je remercie tous les Camerounais qui ont été présents pour nous. On a vécu des choses vraiment extraordinaires. Ma famille et moi, nous n’oublierons jamais ce que nous avons vécu. Merci surtout à mes entraineurs, merci à ma famille qui est venue me soutenir ! Je suis tellement émue ! Merci Nadège ! Merci au Cameroun d’avoir accueilli cette finale !
NADEGE MENGONG, 32 ans, vice-championne du monde, -48kg
«Je n’ai pas travaillé le cardio!»
J’ai fait de mon mieux, je me suis battue à mon niveau. Le cardio a fait défaut, je n’ai pas travaillé le cardio ! Ça me dérange, parce que mon public était là pour la victoire, mais tout ce que Dieu fait est bon. C’est ma première expérience, la prochaine fois, je ferai mieux. Je remercie tous les Camerounais qui sont venus de part et d’autre pour me soutenir. Je leur dis vraiment merci ! Grâce à eux, j’ai pu tenir jusqu’à la fin, puisque je n’ai même pas vu le temps s’écouler. Je dis vraiment merci au public camerounais. Grand merci ! »
Propos recueillis par A.T.E
Last modified: December 23, 2025