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Femme et présidente de club de football

Le football féminin a pris du temps pour entrer dans les mœurs des amoureux du ballon rond au Cameroun.

Par Emmanuel Gustave Samnick

Le football féminin a pris du temps pour entrer dans les mœurs des amoureux du ballon rond au Cameroun. Dans les années 1970, on n’en parlait même pas. Les quelques rares filles qui s’adonnaient à ce sport étaient obligées de jouer avec les garçons, renforçant la raillerie du public qui aimait bien les appeler ‘’fille-garçon’’. Les premiers balbutiements d’un football spécifiquement féminin, avec des matches entiers disputés exclusivement par des femmes, apparaissent dans la décennie suivante, au courant des années 1980. Et encore, l’initiative vient des hommes, l’ancien arbitre international Louis de Gonzague Atangana étant notoirement connu comme l’un des pionniers de ce football organisé à travers la mise en place d’une formation de Cannon football filles.

Au départ donc de l’aventure du football féminin au Cameroun, on a des athlètes au féminin sous l’encadrement des dirigeants et entraîneurs au masculin. La situation n’a pas beaucoup changé aujourd’hui, mais elle a changé quand même. Près du tiers des douze clubs du championnat national d’élite du football féminin, Guinness Super League, sont la propriété ou sont managés ou entraînés par des dames. Un ratio encourageant à signaler au lendemain de la 41e édition de la Journée internationale des droits de la femme, célébrée ce dimanche le 8 mars 2026.

Les choses ont tant et si bien changé que les femmes managers de clubs, on ne les trouve plus seulement à la tête des équipes de football féminin. C’est l’occasion de rendre hommage à ces braves dames qui dirigent ou qui ont eu à diriger des clubs de football masculin de premier plan, c’est-à-dire des équipes pensionnaires du championnat national de première division.

La première femme à forcer ce verrou fut Brigitte Mebande de regrettée mémoire (elle est décédée en novembre 2022). L’emblématique présidente de l’Union sportive d’Abong-Mbang a dirigé ce club historique du département du Haut-Nyong dans la région de l’Est, avec beaucoup de foi et d’abnégation, puisant dans ses économies d’exploitante forestière pour éviter le forfait général de l’équipe, à une époque désormais lointaine où il n’était pas question de subvention directe de l’Etat au fonctionnement quotidien des clubs de football. Député de la nation, Mme Mebande fut aussi vice-présidente de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) ayant même postulé, en vain, en 2015 à la présidence de l’instance fédérale.

Le club le plus titré du Cameroun, Canon sportif de Yaoundé, a aussi été dirigé par une dame, une grande dame qui est toujours dans l’administration du football puisque Céline Eko est l’actuelle 1ère vice-présidente de la Fécafoot et présidente de la Ligue spécialisée du football féminin du Cameroun. Il faut avoir du cran pour manager, pendant plusieurs saisons, un club aussi iconique, l’un de ceux qui suscitent le plus de passion, toujours tiraillé entre des clans d’hommes rivaux, parfois hystériques mais unis dans leur amour fou du Kpa-Kum.

Un autre club historique du paysage footballistique national, Dynamo de Douala, a été dirigé, non pas par une mais par deux femmes : l’artiste et promotrice de la chaîne de télé LTM, Dinaly, Marthe Ngo Mouaha épouse Dikongue dans le civil ; et la businesswoman Audrey Chicot Yetna. Là aussi, chapeau mesdames, d’avoir pu vous faire élire et d’avoir su manager ensuite un club mythique qui ne manque pas de dinosaures hommes. 

Dans le même ordre d’idées, comment ne pas souligner le passage très remarqué de Mme Célestine Ketcha-Courtès, l’actuelle ministre du Développement urbain et de l’Habitat, à la présidence du Panthère sportive de Bangangté, club emblématique du département du Ndé dans la région de l’Ouest ? On ne serait pas aussi dithyrambique vis-à-vis de Denise Memdjofeng, qui remporta pourtant la Coupe du Cameroun en 1996 étant officiellement présidente de Racing de Bafoussam. Mais ce n’était qu’une escroquerie de plus du célébrissime Donatien Koagne, sulfureux homme d’affaires qui a fin ses jours dans un pénitencier du Yémen, qui usa de sa fortune pour prendre les rênes du ‘’Tout puissant de l’ouest’’ et y installa, tel un pot de fleurs, sa maman à la présidence. C’était pathétique de voir les interviewes lunaires de cette pauvre maman, délivrées en langue Fussep dans un domaine, le ballon, où elle ne comprenait que dalle…

Ce qui est sûr, et nous devons nous en réjouir, les tabous sont tombés dans les relations entre les femmes et le football. Au point que des pays musulmans autrefois radicalement fermés à l’épanouissement libre de la femme, ont aujourd’hui de belles équipes nationale s de football féminin, à l’image de l’Algérie qui a éliminé le Cameroun récemment de la qualification à la Coupe d’Afrique des nations que le Maroc, finaliste de la dernière édition, organisera en juin cette année. Et en dépit des ragots et des rumeurs persistantes de lesbianisme dans le milieu, force est d’observer que les joueuses de football mènent des vies ordinaires de femme. Pour preuve, l’unique Ballon d’or féminin camerounais, Gaëlle Enganamouit, vient d’être mère de jumeaux. Et avant elle, Madeleine Ngono Mani épouse Onguene a mené une belle carrière d’avant-centre des Lionnes indomptables étant femme au foyer et maman.

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L’EVENEMENT

CELEBRATION

Guinness-Cameroun fait des millionnaires le 8 mars

Le sponsor-titre du championnat national de football féminin a célébré à sa façon la Journée internationale de la femme en remettant de fortes primes spéciales aux lauréates du Ballon d’Or Cameroun 2025.

La salle de conférences du siège de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), au quartier Tsinga dans le 2e arrondissement de Yaoundé, a servi de cadre pour célébrer les lauréats – issus du championnat de football féminin de première division, Guinness Super League – du ‘’Ballon d’Or camerounais’’ 2025, dont la cérémonie a eu lieu au Palais des Congrès de Yaoundé le 27 février dernier.

C’est la manière idoine choisie par le sponsor Guinness pour honorer les femmes en ce 8 mars, jour de célébration de la Journée internationale des droits de la femme (JIF). La dirigeante numéro 1 du football féminin camerounais a apprécié. «Je voudrais dire un merci particulier parce que l’événement de ce jour a été sur la demande du Directeur général des Boissons du Cameroun. Á titre exceptionnel, il a demandé au président de la Fédération camerounaise de football, la remise aux lauréats de la Guinness Super League, de quelque chose qui puisse les encourager par rapport à ce qu’ils font déjà. Comme je dis toujours, le football féminin c’est le bébé du président de la Fédération camerounaise de football. (Rire) Les uns et les autres sont un peu jaloux du bébé chéri du président de la Fédération camerounaise de football, qui est le football féminin», a indiqué la première vice-présidente de la Fécafoot et présidente de la Ligue de football féminin du Cameroun (LFFC), Céline Eko, représentante du président de la Fecafoot, Samuel Eto’o, empêché. 

Á cette cérémonie, prenaient part des personnalistes telles que le secrétaire général de la Fécafoot, Isaac Noé Mandong ; la secrétaire générale de la LFFC, Sidonie Tagne ; la responsable marketing opérationnel de Guinness-Cameroun, Astrid Ngoupeyou ; la responsable régionale marketing de Guinness Cameroun, Kelvine Mvondo ; les lauréates drapées dans leurs tenues de la JIF et un parterre de journalistes et hommes de médias.

Le doublé gagnant de Lys Fraîche Tiwa

Tous lauréats du Ballon d’Or camerounais 2025 de Guinness Super League dans les neuf catégories primées ont été présents ou représentés. Exemple d’Ornella Molluh représentée par son géniteur Emmanuel Molluh. D’après le speaker de la cérémonie, chaque lauréat a reçu la somme de 1 million de FCfa, mais Lys Fraîche Tiwa, a reçu deux millions de FCfa pour ses deux prix : le Ballon d’Or (meilleure joueuse de la saison) et le Soulier d’or (meilleure buteuse de la saison 2025). Á ces primes financières se sont ajouté un coffret dont seuls les lauréats connaissent le contenu et un cadeau de la marque Guinness Smooth nouveau look.

Les héros et héroïnes de la Guinness Super League, couronnés le 27 février lors de la soirée solennelle du Ballon d’or organisée par la Fécafoot et présidée par la Première dame Chantal Biya, ne pouvaient rêver d’une nouvelle passe décisive que la belle surprise de Guinness le 8 mars suivant, pour une Fête des femmes toute spéciale.

André T. Essome

 

Les lauréats du Ballon d’Or camerounais 2025 en Guinness Super League

  • Ballon d’Or 2025 : Fraiche Tiwa (Lekié FF)
  • Meilleure buteuse : Fraiche Tiwa (22 buts, Lekié FF)
  • Meilleure gardienne : Chantal Calixte Ngah (Amazone FAP)
  • Meilleur entraineur : Stéphane Ndzana Ngono (Lekié FF)
  • Meilleure arbitre assistante : Prisca Yeppe 
  • Meilleure arbitre : Innocentia Ntangti
  • Meilleur club : Lekié Football Filles
  • Révélation de la saison : Mylène Yolande Zoua (Lekié FF)
  • Plus beau but : Ornella Molluh (Vision Foot AA). 

 

REACTIONS

ASTRID NGOUPEYOU, responsable marketing opérationnel de Guinness Cameroun

«Avec Guinness, le talent brille toujours»

C’est une immense joie d’être ici, parce que les actes parlent plus que les mots. Notre directeur général a choisi d’offrir aux différentes lauréates des lots par rapport à la façon dont elles se sont démarquées pendant la saison 5. Et quoi de plus normal de choisir un 8 mars, journée de la célébration de la femme, pour le faire ? La marque Guinness soutient toujours le football camerounais, notamment le football féminin camerounais. Et Madame la présidente faisait remarquer : cette aventure a commencé depuis belle lurette et nous sommes sereins d’être encore là aujourd’hui pour dire de façon spéciale aux filles qui ont brillé durant la saison qu’avec Guinness, le talent brille toujours. 

 

KELVINE NVONDO, responsable régionale marketing de la marque Guinness

«La marque Smooth met beaucoup plus la gent féminine en avant»

Nous sommes honorés d’être là aujourd’hui avec la marque Guinness ! Et la raison d’être de la marque Guinness Smooth, c’est d’apporter une touche de magie à la vie réelle de son consommateur. Et c’est une marque, qui, au-delà de la marque principale Guinness que nous connaissons, qui met beaucoup plus en avant la gent féminine. Et aujourd’hui, nous voulons vraiment profiter de cette opportunité qui nous est donnée pour pouvoir dire à toutes les lauréates : vous êtes des reines, vous êtes toutes ces personnes que la marque Guinness veut célébrer, parce que vous avez un talent qui est au-dedans de vous, et nous voulons que vous puissiez continuer à briller de mille feux avec la marque Guinness. Merci à tout le staff de la Fecafoot et de la Ligue de football féminin, parce que nous avons toujours travaillé ensemble pour que cette belle aventure qui en est aujourd’hui à la 6e saison, continue à être une aventure belle. 

 

CELINE EKO, présidente de la LFFC et 1er vice-présidente de la Fécafoot  

«Les Boissons du Cameroun ont promis de voir les choses à la hausse»

Quand nous cherchions les sponsors, la première condition que Guinness nous a posée, c’était de commencer par quelques joueuses. Nous avons commencé par Gaëlle Enganamouit. Je crois que certains d’entre vous ont dû voir cette publicité où Gaëlle a dit : «I am the Lion !». Ça a été le début de l’aventure entre la Guinness et le milieu du football féminin, à la Ligue féminine de football. Et vous savez, quand ça commence dans des bonnes conditions, ça finit dans des bonnes conditions et c’est bon que ça continuera dans des bonnes conditions. Tout simplement parce que je crois que le 1er contrat prend fin cette saison. Nous avons souhaité qu’on revoie un certain nombre de choses à la hausse, parce que la marque Guinness n’est plus Guinness Cameroun, mais dans le portefeuille de Boissons du Cameroun. Donc quand on sait ce que représentent Les Boissons du Cameroun, je crois que nous ne pouvons que demander un peu plus, sinon le double. Et je crois que nous avons déjà eu déjà l’accord de principe des dirigeants des Boissons du Cameroun, ils nous ont promis de voir les choses dans le meilleur accompagnement qui puisse contribuer à satisfaire les deux parties.

Propos recueillis par André T. Essomé

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FOOTBALL

LIONS INDOMPTABLES

Les internationaux locaux au révélateur

Les 30 joueurs du championnat national convoqués par le sélectionneur David Pagou livrent deux matches test contre des clubs de Yaoundé ce mardi, en clôture de leur stage.

 

Le patron du banc de touche de l’équipe fanion de football du Cameroun a renoué avec ce qui était une vieille tradition : organiser un stage bloqué réservé aux joueurs du championnat national. Entamée le 6 mars, cette initiative de David Pagou va prendre fin ce mardi 10 mars, avec deux matches amicaux d’évaluation consécutifs organisés au stade militaire de Yaoundé, contre AS Fortuna de Mfou et Canon sportif de Yaoundé.

L’encadrement de la sélection nationale n’a pas beaucoup communiqué sur les tenants et les aboutissants de ce stage, qui a tout de même donné du sourire – les images du stage dévoilées par la Fédération camerounaise de football en disent long à propos – aux pensionnaires des MTN Elite One, le championnat national de 1ère division, dont beaucoup font l’expérience d’un regroupement des Lions indomptables. Mais il n’est pas exclu que trois ou quatre d’entre ces joueurs locaux fassent le voyage de l’Australie à la fin de ce mois pour prendre part aux Fifa Series avec les Lions indomptables, les grands Lions indomptables du Cameroun quintuples champions d’Afrique constitués essentiellement depuis plusieurs années par des joueurs expatriés.

 

Une balle à saisir au bond

Les 30 joueurs convoqués pour ce stage réservé aux locaux ont tous répondu présent. Selon les confidences glanées auprès du staff, ils se sont montrés par ailleurs très appliqués et disciplinés pendant et en dehors des entraînements. Ils savent sans doute que les places en sélection valent cher et que la chance ne se présentera peut-être pas plusieurs fois pour se mettre en évidence et convaincre les entraîneurs. On verra déjà dès cet après-midi, face à AS Fortuna et Canon de Yaoundé, si la mayonnaise a pris ou promet de prendre. Avec 30 joueurs parmi les plus réguliers de ces derniers mois dans les compétitions nationales, il y a en tout cas de quoi bâtir deux équipes assez représentatives.

Dommage que la Coupe de l’Udéac, devenue la Coupe de la Cemac avant de disparaître, n’est plus là pour permettre à ces joueurs locaux habillés de vert-rouge-jaune, de participer à une vraie compétition internationale et de se sentir intégralement et véritablement dans la peau d’un international camerounais. Comme le furent naguère des joueurs de Pouma FC (frères Biyik), PWD de Kumba (Ndip Akem), Racing de Bafoussam (Simon Nlend), Tonnerre de Yaoundé (Bonaventure Djonkep) ou Union de Douala (Roger Feutmba) devenus ensuite, sur la durée, des icônes internationales.

Simplice Moussinga



La liste des 30 joueurs locaux en stage

Gazelle de Garoua : Housseini Ousmanou, Djakaô Ahmadou Barka, Mael Fernandez Monyebe, Arsène Mekila

Dynamo de Douala : Jules Armand Kooh, Manuel Maurice Nkoulou, Joseph Alexandre Nde, 

Jephter Arrey Oduak

Aigle Royal de la Menoua : Ismael Michel Nwoagou Fansu, Habdoullah Adamou Lifab, Eden Créol Ymélé

PWD de Bamenda : David Fernando Alaba, Bogard Eyong Bessem Agbor, Patrick Clovert Fongang

Coton Sport de Garoua : Cyrille Domtoune Maakte, Issa Fadyl Ousmanou

Canon de Yaoundé : Henri Claude Balla, Jean Oussama

AS Fortuna de Mfou : Serges Valery Eloundou Ndzomo, Sébastien Noah Arnaud

Victoria United : Gil Franck Sterly Peto, Nko Changle Rettensi

Fauve Azur : L’Almanie Abdoul, Ambroise Y. S. Owoundi Evouna

Panthère Sportive du Ndé : Marc Janvier Nomo Onguene, Konrad Nfansen Sinyam

Stade Renard de Melong : Junior Landry Nkouam Polla

Unisport du Haut-Nkam : Dylan Kouam Mbappe Akim

Galactique FA de Douala : Rony Baliag Nougi

Best Star of Limbe : Essinguila Mbinde

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SERIE

LES PRÉSIDENTS DE LA FÉDÉRATION CAMEROUNAISE DE FOOTBALL

7- PETER NTAMARK YANA (1985-1986)

Son cours magistral fut court mais dense

Après Titti Gottlieb, c’est un universitaire de haut rang qui s’installe à la présidence de la Fécafoot. Son mandat sera l’un des plus courts de l’histoire de l’instance faîtière du football national.

 

Le septième président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) se distingue de ses prédécesseurs par trois particularités. D’abord, il est le premier président anglophone de cette institution. En effet depuis le 1er octobre 1961, les deux parties de l’ex colonie allemande divisée après la première Guerre mondiale se sont réunifiées sous l’appellation d’abord de République Fédérale du Cameroun ensuite de République Unie du Cameroun enfin de République du Cameroun. La nomination de Peter Ntamark Yana est alors perçue comme une volonté de s’arrimer à la donne politique. Ensuite il est professeur d’université, doyen de la faculté de droit et de sciences économiques à l’époque de sa nomination, donc appartenant à la crème de l’intelligentsia nationale. Enfin, il est père d’un footballeur en activité : Charly Ntamark défenseur qui évolue à l’époque à Canon de Yaoundé ; iIl sera champion d’Afrique avec les Lions indomptables en 1988. 

Né le 4 décembre 1937 à Victoria qui deviendra plus tard Limbe, Peter Ntamark Yana était comme qui dirait un trait d’union entre la partie sous administration française dont ses parents sont originaires et la partie sous administration anglaise où il est né et dont il a adopté la culture. Après ses études primaires et secondaires, Peter Ntamark Yana s’est exilé en Grande-Bretagne pour ses études universitaires. Ses diplômes obtenus, il s’engage dans l’enseignement. Il est professeur de procédure pénale à l’université de Yaoundé. En 1981 Peter Ntamark Yana est nommé doyen de la faculté de droit et des sciences économiques. Il passera 36 ans comme professeur des universités. Il est membre de l’honorable société scientifique de l’Inner Temple de Londres en Angleterre. Peter Ntamark Yana a aussi été l’un des avocats du Cameroun dans le dossier Bakassi, le conflit frontalier entre le Cameroun et le Nigéria.

Issa Hayatou était son vice-président

Amoureux du ballon rond, Peter Ntamark Yana abandonnait souvent ses documents universitaires pour aller assister aux matchs de football. Sa nomination à la présidence de la Fécafoot coïncide avec un changement de philosophie dans l’encadrement des Lions indomptables. En effet depuis 1974, le Cameroun a coopté des entraîneurs yougoslaves pour s’occuper de son équipe nationale. Il y’a eu d’abord Vladimir Béara, ensuite Ivan Ridanovic, puis Branko Zutic et enfin Rade Ognanovic. Les Yougoslaves quittent le Cameroun sur une bonne note : Branko Zutic est celui qui qualifie à nouveau les Lions indomptables pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations après 10 ans de disette. Il est aussi celui qui offre au Cameroun sa première qualification en phase finale de la Coupe du monde. Rade Ognanovic est le sélectionneur de la première victoire en Coupe d’Afrique des Nations et de la première qualification au tournoi de football des Jeux olympiques de 1984 à Los Angeles aux États-Unis. 

La présidence de Titti Gottlieb et le passage des entraîneurs yougoslaves ont placé le football camerounais sur le toit de l’Afrique. Il faut alors consolider les acquis. La principale mission du nouveau président de la Fécafoot sera de maintenir la dynamique du succès des Lions indomptables dans un contexte de forte attente populaire. La présidence de Peter Ntamark Yana quoique brève sera marquée par le parcours honorable des Lions indomptables à la coupe d’Afrique des Nations de 1986 en Égypte. Les poulains du technicien français Claude Le Roy, qui a remplacé le yougoslave Rade Ognanovic, tombent en finale après l’épreuve des tirs aux buts face aux Pharaons d’Égypte.

Le mandat de Peter Ntamark Yana est souvent décrit comme une période de stabilisation administrative. Il a assuré la continuité des compétitions nationales ; il a assuré la structuration des ligues locales pour favoriser l’émergence des nouveaux talents. 

Lorsqu’il passe la main en 1986 à Issa Hayatou qui fut son vice-président, Peter Ntamack Yana retrouve les amphithéâtres et ses cours de droit. Il décède le 11 décembre 2006.

Alfred Nyambelle Iyaoua

 

Repères

Peter Ntamark Yana

Naissance : 4 décembre 1937 à Victoria (aujourd’hui Limbe). 

Décès :11 décembre 2006.

Professeur titulaire des universités. 

1981-1990: Doyen de la faculté de droit et sciences économiques de l’université de Yaoundé. 

Avocat du Cameroun dans le conflit de Bakassi. 

1985-1986: Président de la Fécafoot.



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Last modified: March 26, 2026

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