Un siège siège pour des défis plus grands
Le ministre des Sports et de l’Education physique, Narcisse Mouellè Kombi, a inauguré le siège rénové de la Fédération camerounaise de cricket à Yaoundé, vendredi 5 décembre 2025.
Derrière l’immeuble-siège de la Fédération camerounaise d’athlétisme (FCA), en face du restaurant de l’École normale supérieure de Yaoundé au quartier Ngoa-Ekelle, se dresse un immeuble flambant neuf. Ce qui était, il y a encore quelque mois, une vieille bâtisse de trois pièces servant de dépendance à la FCA, est désormais un joyau architectural.
Au fronton de la porte d’entrée, on lit «Cameroon Cricket Federation» et au-dessous «Fédération camerounaise de cricket». On pénètre dans l’immeuble par une ouverture de la grille sur un sol tapissé de grands carreaux brillants sur la véranda. Les mêmes carreaux, qui accueillent les pas du visiteur dans la grande salle des conférences d’une capacité de 60 places (à en croire le président de la Fecacricket, Victor Agbor Nso, dans une interview qu’il a accordée au poste national de la CRTV, lundi matin). Lorsque le reporter de L’Actu Sport (l’unique tabloïd sportif existant au Cameroun, un hebdomadaire paraissant les mardis) a fait une descente au siège, une vingtaine de chaises, toutes neuves comme l’immeuble, entouraient la table.
Il fait bon vivre ici, non seulement grâce à l’atmosphère liée à l’état neuf de l’immeuble, mais aussi à un environnement sain et aéré. L’oxygène, qui vient de la vaste cour, se répand fluidement dans la salle. Sur les murs blanchis, des photos encadrées des sélections nationales aux compétitions internationales de 2023 et 2025, un écran de TV plasma et un climatiseur sont symptomatiques du luxe dont jouit la Fecacricket.
Les deux murs, qui se font face ouvrent au secrétariat et au département communication, aux magasins (deux), au département développent et finances, à la direction technique et au bureau du président. À l’extérieur de l’enceinte, un magasin détaché du bloc administratif sert de hangar pour les équipements.
Le siège rénové de la Fédération camerounaise de cricket a été inauguré par le ministre des Sports et de l’Eduction physique, Narcisse Mouellè Kombi, vendredi 5 décembre 2025. «Déjà, le siège nous permet de travailler à tête reposée, parce que ça n’a pas été facile à arriver à s’offrir ce siège, de devoir manager l’administration, les athlètes et les compétitions, c’était extrêmement compliqué», s’est réjoui le directeur de développement et entraineur national, James Solefack, qui nous a reçu au siège à 10h, lundi 8 décembre.
André T. Essomé
JAMES SOLEFACK
«Le prochain challenge, c’est l’acquisition des stades»
Le directeur de développement et entraîneur national du cricket nous a reçu, de manière imprévue, au siège du siège nouvellement rénové, où il a éclairé notre lanterne sur l’état du cricket au Cameroun et les défis qui attendent la Fédération camerounaise de cricket.
Nous sommes ici dans la salle des réunions du siège de la Fédération camerounaise du cricket, un siège flambant neuf. Pouvez-vous en parler davantage ?
Comme vous le voyez, c’est un siège rénové. On avait un ancien siège, toujours de la Fecacricket, qui était devenu assez exigu. Puis, le président [Victor Agbor, Ndlr] a jugé bon devoir le réaménager. Il n’avait que trois bureaux, notamment deux bureaux pour les administrateurs et un pour le président et un magasin. Présentement, nous avons quatre bureaux, deux magasins internes et un magasin externe, qui sert de hangar. Le cricket a beaucoup de matériels, il faut trouver de l’espace où les mettre.
Qu’est-ce qui explique que c’est cette année 2025 que vous rénovez le siège ?
Je dirais que c’est une question de moyens. N’oubliez pas que la Fecacricket est une très jeune fédération et quand les moyens ne suivent pas, il est difficile de pouvoir s’engager n’importe comment dans des dépenses. Donc nous avons jugé utile d’utiliser les précédents bureaux pendant plus de onze ans. Il y a des athlètes qui augmentent tous les jours, il y a d’autres administrateurs ; ce qui fait que les précédents bureaux étaient devenus exigus. Vous avez demandé pourquoi cette année ? Mais, est-ce qu’il y a un temps pour entreprendre ? À tout moment, lorsqu’on trouve que c’est possible d’entreprendre, en entreprend.
Peut-on penser que la Fédération camerounaise du cricket a quand-même eu quelques sponsors, mécènes, partenaires, qui ont permis de faire ces réalisations ?
C’est assez difficile à dire. Nous toquons bien à des portes, qui, jusque-là, ont du mal à s’ouvrir, bien que certaines écoutent notre voix, mais dans la faisabilité de la chose, restent réservées. Qu’à cela ne tienne, on fait avec le peu de moyens qu’on a et la tutelle, le ministère des Sports et de l’Education physique, nous vient en appui, comme elle peut. Nous avons eu à participer à un bon nombre de compétitions, on a eu de légers appuis du ministère, et puis, ce que nous pouvons collecter ci et là et quelques donateurs qui nous ouvrent les portes. Voilà qu’on a envisagé ces travaux.
Parce que le siège impose du respect…
Merci ! Dites-vous également que celui qui est à la tête de la fédération nationale du cricket aime quand les choses sont bien faites. C’est pourquoi quand vous parlez du site qui impose du respect, c’est ça !
Alors, c’est quoi le challenge pour l’année qui va commencer dans quelques semaines ?
Bon ! Déjà, le siège nous permet de travailler à tête reposée, parce que ça n’a pas été facile à arriver à s’offrir ce siège, de devoir manager l’administration, les athlètes et les compétitions, c’était extrêmement compliqué. Quand je parle du siège qui peut nous permettre de travailler à tête reposée, c’est dire que nous avons justement des défis à relever quant au niveau du travail administratif et l’encadrement des athlètes. Nos défis ? Et à partir du moment où tout est acquis, nous aimerions bien aller ailleurs. Quand je parle d’ailleurs, le président a annoncé que son prochain challenge, c’est l’acquisition des stades, qui puissent permettre aux athlètes de pouvoir travailler de manière un peu à la hauteur de ce que nous voyons à l’extérieur. Le site, quel qu’il sera, on pourra l’aménager pour travailler de manière convenable, parce qu’à présent, nous louons des installations ailleurs pour pouvoir travailler. Ce qui n’est pas aisé.
Lorsqu’on sait que dimanche 14 décembre prochain, c’est la finale nationale de la Coupe du Cameroun de football, on imagine voir la Fecacricket défiler la tête haute. C’est cela ?
Tout fait ! Vous savez, c’est toujours un honneur pour la Fecacricket d’être présent, la Fecacricket a toujours été présente lors des cérémonies de clôture de la saison sportive du football (sourire). C’est la saison sportive du football… Nous avons clôturé la nôtre sur le terrain. C’est-à-dire pour ce qui est du jeu et pour ce qui était des recommandations, que ce soit la Coupe du Cameroun, du championnat et autres. Mais nous sommes encore sur le terrain en train de travailler pour pouvoir véritablement clôturer nos activités d’ici la fin du mois de décembre. Alors, le 14 décembre, nous défilerons tête haute, comme vous l’avez dit, parce que nous avons acquis véritablement beaucoup de choses au courant de cette année, notamment ce siège. Et en dehors de ce siège, nous avons fait des participations honorables. J’ai dit tantôt que nous sommes une très jeune fédération. Nous rencontrons pendant les compétitions, des pays assez vieux dans la pratique du cricket. Et dites-vous que nous parvenons par moment à damer le pion à ces pays-là. Donc, franchement, nous défilerons tête haute !
En 2026, quelles sont les différentes compétitions auxquelles vous prendrez part au niveau national déjà, puis au niveau international ?
Merci beaucoup ! Le calendrier des compétions internationales n’est pas encore complètement dévoilé. Quant aux compétitions nationales, nous avons nos compétitions phares, notamment le championnat domestique que nous qualifions de «Domestic Cricket League», et nous avons la Coupe du Cameroun. Mais à côté de ces compétitions phares, nous avons d’autres compétitions, parce que ces deux compétions permettent de détecter davantage des talents qui peuvent véritablement défendre les couleurs de la nation. Et c’est au lendemain de ces compétitions que, le plus souvent, nous les regroupons dans des camps, où nous leur donnons davantage des éléments de base dans la pratique du jeu. Nous avons des compétitions inter–scolaires, qui se jouent souvent pendant la semaine de la jeunesse ou début mai, lorsque nous n’avons pas pu le faire au mois de février. Nous avons d’autres compétitions majeures que nous organisons à l’issue de la finale de la Coupe du Cameroun tout simplement parce que nous regroupons les meilleurs de la compétition pour une autre compétition un peu plus relevée. Et nos compétitions se déroulent souvent aux mois de juin et juillet.
Est-ce que le cricket se joue sur l’ensemble du territoire national? Et quelles sont les différents ligues et niveaux de la pratique du cricket au Cameroun ?
J’insiste là-dessus : le cricket est très jeune au Cameroun. C’est difficile de vouloir immédiatement embrasser toutes les régions du Cameroun d’autant plus que vous courez le risque de pouvoir n’y aller nulle part. Yaoundé étant le siège des institutions, le cricket est pratiquement né à Yaoundé. Et nous sommes présentement dans cinq régions du Cameroun. Nous sommes dans les régions du Littoral, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, de l’Ouest et du Centre. Et je suis convaincu qu’au courant de l’année 2026, nous allons étendre nos tentacules dans la région de l’Est. Nous y avons fait un pas par le passé mais, on a dû se retirer, question de mieux nous organiser et également voir dans la région du Sud.
Entretien mené avec André T. Essomé
Last modified: December 23, 2025