« Paris, c’est toute notre vie »

Elle nous a reçus pour célébrer la longévité de son mari, Marquinhos, qui vient de disputer mardi 25 novembre face à Tottenham son 500e match sous le maillot du PSG. À ses côtés depuis 2013, elle a suivi et soutenu son mari dans les épreuves les plus joyeuses et les plus douloureuses. Indissociable de sa réussite, la Brésilienne au français impeccable a accepté d’ouvrir l’album souvenir et de nous livrer un témoignage fort.

Le jour où… il a signé au PSG : « Un ado avec ses bagues dentaires »

« Il était tellement jeune, avec ses bagues dentaires, on aurait dit un adolescent ! Ce transfert au PSG a changé sa vie. Ses débuts ont été compliqués car il n’était pas titulaire. Mais il a travaillé dur pour avoir cette place. Il voulait me prouver des choses ! À cette époque, on se connaissait seulement par Internet car il m’avait vue chanter sur des vidéos YouTube. Tout était très différent, on se parlait sur les réseaux sociaux, nous n’étions pas encore en couple. Lors des vacances d e No ë l en 2013, je suis allée le chercher à l’aéroport et c’est à ce moment-là qu’on s’est rencontrés pour la première fois. Ensuite, j’ai fait des allers-retours entre le Brésil et Paris puis je me suis installée en France en août 2014. Je ne connaissais rien au foot, je ne savais pas ce que représentait le PSG. Mais quand je suis arrivée, j’ai vu les grands joueurs et j’ai compris. »

Le jour où… ils ont découvert le Parc des Princes : « On s’y sent tellement bien »

« Le Parc, c’est la maison, on s’y sent tellement bien. Tout de suite, Marqui s’est bien entendu avec les supporters. Il a trop de respect pour eux. Je me souviens du jour où il a eu un grand tifo en son honneur. C’était incroyable. Je voulais même le ramener à la maison (rires). Quand on voit ce genre de gestes, on se rend compte que le travail accompli est reconnu. C’est le plus beau cadeau des supporters. Cela nous va droit au cœur. Je ne rate aucun match au Parc, c’est présence obligatoire ! Quand je suis dans les tribunes, je sens les émotions, ça me fait bouger le cœur. Les enfants adorent venir, ils sautent, ils chantent, ils regardent les ultras avec leurs grands yeux. On est comme des fous quand on les entend. J’aimerais emmener Enrico (son fils qui aura bientôt 6 ans) à Auteuil avec les ultras. Il connaît tous les chants ! »

Le jour où… il est devenu capitaine : « Il ne dit jamais du mal des autres »

« Ce brassard est parfait pour lui ! C’est un vrai capitaine d’équipe et dans la vie de tous les jours. Dans sa manière de penser, à la maison aussi, Marqui a beaucoup changé. Il a gagné en maturité. Il ne parle pas énormément mais quand il s’exprime, il le fait au bon moment. C’est quelqu’un de réfléchi, qui ne dit jamais du mal des autres. Je n’ai jamais vu ça. C’est un bon mec, une personne simple ! Il n’oublie pas d’où il vient. Pendant toutes ces années comme capitaine, il a vécu des bons et des mauvais moments. Ça a été un vrai guerrier. Cela l’a aidé à prendre de l’assurance. Je le trouve un peu plus apaisé depuis qu’il a gagné la Ligue des champions. »

Le jour où… il a vécu la remontada : « Les critiques m’ont fait très mal »

« C’était une soirée catastrophique. J’étais au stade, entourée de supporters du Barça et c’était très dur. Quand le match a démarré, je ne voulais déjà plus regarder le terrain. Après la rencontre, Marqui était déçu de lui. Nous sommes revenus avec deux avions différents, donc je l’attendais à l’aéroport pour rentrer à la maison. Et là, des supporters sont venus et ils tapaient sur la voiture, alors que nous étions à l’intérieur. Je n’étais pas sereine, c’était un sentiment horrible. Pour la première fois, on a été confrontés à cette colère. Les critiques m’ont fait très mal. Quand Marqui vit ce genre de défaites, il se renferme, il ne parle pas pendant plusieurs jours. C’est son moment et je le respecte. Mais j’essaie d’être à ses côtés, de le faire relativiser, de lui faire comprendre qu’il a une famille qui compte sur lui et qu’il doit garder la tête haute. Ce jour a été très difficile, l’un des plus durs de notre vie ici. »

Le jour où… il est devenu papa : « Il va chercher les enfants à l’école »

« Dès qu’on s’est connus, il voulait trop être papa ! Là aussi, il a vécu des épreuves. Après sa naissance (en novembre 2017), notre première fille a passé quinze jours à l’hôpital. Mais Marqui était à ses côtés, il faisait tout ce qu’il fallait pour elle, alors que tout était nouveau pour nous comme parents. Quand il a quelque chose à accomplir, il se donne à 100 %. Il va chercher les enfants à l’école, comme une personne normale. Maintenant, nous attendons notre quatrième enfant. On le voulait tellement avec Marqui. Ce que j’ai vécu est difficile (elle avait fait une fausse couche en mars). Un sentiment horrible. Mais Dieu sait ce qu’il fait. Si j’avais eu ce bébé, peut-être que nous n’aurions pas vécu la finale de Ligue des champions, je ne serais pas allée à Munich en étant enceinte. Aujourd’hui, tout va bien. C’est beau de voir ce bébé bientôt arriver. »

Le jour où il a battu le record de matchs au PSG : « Les enfants connaissent son discours par cœur »

« Quel jour magique. Tout le stade était là pour célébrer Marqui. On adore regarder ce moment à la maison. On met la vidéo sur YouTube et les enfants connaissent par cœur le discours de Marqui ! C’était vraiment un bel hommage. On ne s’attendait pas à vivre ça. Jamais, jamais…

Marqui aime être ici. Parfois, je lui pose des questions sur la suite… Sa tête est à Paris et nulle part ailleurs. Il se sent tellement bien au PSG. Le fait de partager ce moment avec les enfants, ça change tout. On a fondé notre famille à Paris. On a tout construit ici. Quand je parle avec quelqu’un, je me sens vraiment parisienne. Notre quatrième enfant va arriver. C’est pour ça que Paris est spécial pour nous. Le PSG et Paris, c’est toute notre vie. »

Le jour où… il a gagné la Ligue des champions : « Je me souviens de chaque minute »

« C’était un moment magique. On a tous pleuré ! Sur le 5e but, on s’est tous regardés dans les tribunes, on s’est dit : C’est pas possible ! Je ne me rendais pas compte de ce qu’il se passait et même encore aujourd’hui, on a parfois du mal à réaliser. C’est le plus beau jour de notre vie de supporter. À 100 %. Quand j’ai rejoint Marqui sur la pelouse, il était bizarre ! Il était content de ouf ! Mais il n’arrivait pas à se concentrer, il regardait partout (rires) ! Alors j’ai pris sa tête entre mes mains et je lui ai dit : Tu as gagné, ça y est ! Mais il était en état de choc. Il n’a pas dormi pendant deux jours. Le lendemain, pendant la soirée au Parc, il était comme un fou, il dansait, il criait. Je ne l’avais jamais vu dans cet état. Il a ramené la médaille, un morceau du filet, de la pelouse, le ballon du match signé par tous les joueurs, son maillot, son brassard, son accréditation. Il voulait avoir un coin dédié à cette finale. On aimerait faire une grande réplique du trophée de la Ligue des champions pour la mettre à la maison. On sent que les choses ont changé. Les gens viennent sonner à notre porte. Quand on va chercher les enfants à l’école, on lui demande des photos. Mais ce n’est pas un souci pour Marqui, il va le faire, avec le sourire, toujours. Maintenant, son objectif, c’est de gagner la deuxième. »

Le jour où… il a disputé son 500e match : « Il aurait pu quitter le club quand tout allait mal, mais non »

« Il n’y a pas de mots… Le jeune homme qui est arrivé en 2013 n’aurait jamais imaginé rester autant de temps. C’est fou et si rare qu’un joueur passe treize saisons dans un club. La fidélité est quelque chose qui lui est très cher. On a eu des opportunités pour partir, mais il n’y a jamais prêté attention. Il aurait pu quitter le club quand tout allait mal, mais il savait qu’il avait encore des choses à accomplir. Il a gagné la Ligue des champions, a joué 500 matchs… Il est dans une période de sa carrière où tout va bien. C’est le moment où l’on se sent le mieux, humainement et sportivement. »

Le jour où… il ne jouera plus au PSG : « Si cela arrive, ce sera un choc »

« On n’est pas habitués à changer de club. Je sais que ça fait partie du foot. Beaucoup de joueurs sont partis, d’autres sont arrivés et nous, on est restés. Si Marqui dit un jour que ce n’est pas une bonne chose de rester, alors on changera. Mais ce n’est pas du tout d’actualité. Si cela arrive, ça sera un choc. Il faut profiter des belles sensations qu’on a en ce moment et ne pas penser à ça ! Je ne m’imagine pas ailleurs. L’histoire n’est pas encore finie.»

Propos recueillis par Adrien Chantegrelet

LE PARISIEN / VENDREDI 28 NOVEMBRE 2025

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Last modified: December 23, 2025

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