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Série · Les sélectionneurs du Cameroun

Le Soviétique Valeri Nepomniachi, l'étoile filante venue du pays froid

Arrivé dans l'anonymat en 1989, l'entraîneur soviétique qui ne parlait ni français ni anglais a conduit les Lions indomptables jusqu'aux quarts de finale du Mondial 1990.

Par Alfred Nyambelle IyaouaL'Actu Sport N° 14921 juillet 2026Yaoundé
Valeri Nepomniachi, sélectionneur des Lions indomptables (1989-1990).

Avant 1989, les relations sportives entre le Cameroun et l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) n'étaient pas très développées. Lorsqu'il arrive au Cameroun, très peu de Camerounais connaissent le football soviétique ; quelques anciens se souvenaient du mythique gardien Lev Yachine. L'homme qui va permettre aux Camerounais de se faire une image de ce football est né le 7 août 1943. De son nom complet Valeri Kouzmitch Nepomniachtchi, cet ancien défenseur a été footballeur entre 1961 et 1967 dans deux clubs d'URSS, avant de s'engager dans la carrière d'entraîneur en 1970.

C'est un homme qui totalise 19 ans d'expérience qui débarque au Cameroun en 1989. Un gros handicap toutefois : ayant passé tout son temps en URSS, le nouveau sélectionneur ne parle ni français ni anglais. Il faut lui trouver un interprète pour communiquer avec les joueurs et les autorités ; l'homme providentiel sera Awa Gallus. Champions d'Afrique en titre (1988), les Lions indomptables sont d'office qualifiés pour la CAN 1990 en Algérie. Les missions de Nepomniachi : qualifier le Cameroun pour la Coupe du monde 1990 en Italie et conserver le titre continental.

Le nouveau sélectionneur n'a pas le temps de défaire ses valises que les éliminatoires démarrent. Dans le groupe C avec l'Angola, le Gabon et le Nigeria, le Cameroun termine premier avec 9 points, puis se débarrasse de l'Algérie au dernier tour (0-1 à Alger, 3-0 à Yaoundé). Première mission accomplie. En revanche, le séjour à la CAN 1990 tourne au cauchemar : cueillis à froid par la Zambie (0-1) puis assommés par le Sénégal de Claude Le Roy (0-2), les Lions sont éliminés dès les groupes malgré une victoire sur le Kenya. On croit alors que le Soviétique sera démis, mais les autorités préfèrent le maintenir. La décision s'avérera heureuse.

À la Coupe du monde en Italie, les Lions indomptables affrontent le tenant du titre, l'Argentine, en match d'ouverture. On s'attend à ce que Maradona et ses coéquipiers ne fassent qu'une bouchée de la bande à Stephen Tataw. Mais, devant le président Paul Biya, les poulains de Nepomniachi réalisent l'exploit en battant l'Argentine 1-0. La suite sera sublime : victoire sur la Roumanie (2-1), synonyme de qualification pour les huitièmes malgré la défaite face à l'URSS (0-4), puis victoire sur la Colombie (2-1) en huitièmes, avant d'être stoppés en quarts par l'Angleterre (2-3) après prolongations. Arrivé dans l'anonymat, Valeri Nepomniachi est ainsi propulsé sous les projecteurs. C'est avec les honneurs qu'il quitte le Cameroun en 1990, pour poursuivre sa carrière en véritable globe-trotter, en Turquie, en Ouzbékistan, en Ukraine, en Corée du Sud et au Japon.

Alfred Nyambelle Iyaoua

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