Pas de fatalité à la CAN féminine
En éliminant le Nigeria, le Cameroun a déjoué les pronostics et brisé le signe indien. La preuve qu'il faut parfois de l'audace pour faire bouger les lignes.
Le football est magnifique parce qu'il sait nous réserver des surprises, en déjouant superbement les pronostics. Très peu de parieurs ont sans doute trouvé les noms des vainqueurs des deux derniers quarts de finale de la Coupe d'Afrique des nations disputés dimanche au Maroc. Et pourtant, à la fin, ce sont bien le Cameroun — tombeur enfin du Nigeria — et le Malawi — la sensation de la compétition, qui évince le Ghana — qui passent en demi-finale et représenteront l'Afrique l'année prochaine à la Coupe du monde au Brésil.
Pour l'équipe du Cameroun, cet instant de gloire est historique, parce que bon nombre d'observateurs avaient fini par croire à la fatalité à propos des matches de football féminin entre les Super Falcons du Nigeria et les Lionnes indomptables. Surtout depuis la finale de la CAN féminine 2016, perdue à domicile par une séduisante sélection camerounaise qui avait littéralement marché sur son adversaire mais s'était inclinée (0-1) en fin de compte, sur une demi-occasion nigériane, devant plus de 50 000 spectateurs meurtris.
Eh bien, le vent a tourné dimanche à Casablanca. C'est le Cameroun qui élimine en quart de finale l'ogre du football féminin africain, le Nigeria, dix fois champion d'Afrique en quatorze éditions de la CAN et tenant du titre. Grâce à un but magistral inscrit par une joueuse du championnat domestique camerounais, la Guinness Super League, Myriam Nyadjou, sous les ordres d'une sélectionneuse officiant dans le même championnat national, Valentine Nguelé.
C'est l'autre satisfaction de cet exploit. Pour une fois, le staff technique de la sélection nationale féminine a été confié à une femme, et en deux mois seulement de service, celle-ci vient de montrer qu'elle peut. Son équipe n'est pas la plus flamboyante de l'histoire des Lionnes indomptables, mais elle a manifestement du caractère. Et surtout elle gagne ! Même contre des adversaires qui semblaient imbattables. Et voilà l'équipe du Cameroun, repêchée à la CAN, qui arrache haut la main sa qualification pour la prochaine Coupe du monde. Il faut parfois de l'audace pour faire bouger les lignes. Bravo à la Fécafoot, qui a osé avec ce nouveau staff chapeauté par une dame, laquelle vient de briser le signe indien devant le Nigeria.
Emmanuel Gustave Samnick


