Ah, cet Infantino !
Alors qu'une fronde s'organise en Europe contre la privatisation de la Coupe du monde, l'Afrique tarde à prendre position. Il faut vite arrêter la fusée Infantino.
Il faut espérer franchement que la fronde qui s'organise depuis quelques jours, notamment en Europe, contre le patron de la Fédération internationale de football (Fifa) et ses mesures loufoques, ne faiblisse pas. Gianni Infantino vise un nouveau mandat de président de la Fifa en mars de l'an prochain, et pour cela il multiplie les appâts du gain qu'il agite au nez de ses électeurs, les présidents des fédérations nationales de football, qu'il sait friands de sous, en particulier ceux de l'Afrique.
Justement, notre continent est le dernier à prendre position dans cette affaire de cession des parts de la Coupe du monde de football à des investisseurs privés (en réalité à des proches du déjà controversé président américain Donald Trump). Patrice Motsepe, le président de la Confédération africaine de football (Caf), et ses lieutenants prennent leur temps, attendant sans doute de croquer goulûment les 40 millions de dollars promis à chacune des 211 fédérations nationales membres de la Fifa par l'insatiable Infantino.
En dehors de l'Afrique donc, et d'une partie de l'Asie, toutes les autres zones de la planète foot ont réagi et sont vent debout contre le projet inconsidéré de créer une société commerciale de la Fifa chargée de commercialiser des parts de la Coupe du monde. L'Europe, le continent de l'Italo-Suisse Gianni Infantino, est en tête de cette opposition farouche. Jeudi 30 juillet, l'UEFA a d'ailleurs fait savoir que ses 55 membres ne vont pas entériner le projet, et menace même de boycotter toutes les compétitions Fifa si M. Infantino persiste dans sa dérive mercantiliste qui menace le football dans ses bases.
Il faut vite arrêter la fusée Infantino, qui a fabriqué de toutes pièces une Coupe du monde des clubs et un « prix Nobel de football » décerné à Trump, qui a transformé la Coupe du monde en un marché (de 32 à 48 équipes, et déjà annoncée à 64) et s'apprête maintenant à privatiser l'ONG la plus puissante du monde qu'est la Fifa. STOP, please !
Emmanuel Gustave Samnick


