Motsepe-Infantino : le cartel de la fraude
Alors que le monde du football s'est dressé contre le projet de privatisation de la Coupe du monde, le patron de la CAF réaffirme son soutien à Gianni Infantino. Incompréhensible.

D'accord, une faute avouée est à moitié pardonnée ! Mais à moitié seulement ! Alors, que le sieur Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (Caf), saute sur l'occasion des excuses présentées par la Fifa — contrainte en fin de semaine dernière de retirer son fameux projet de Fifa Forward Entreprise (FFE), par lequel Gianni Infantino voulait vendre la Coupe du monde à des investisseurs privés — reste quelque chose d'incompréhensible. Ce n'est plus amusant !
Le numéro 1 du football africain s'est tu quand la grande majorité des acteurs du football international a vivement protesté contre les agissements crapuleux d'Infantino, obsédé par les gains financiers à tout prix. Il se réveille subitement, après une réunion expéditive de son comité exécutif tenue jeudi 6 août au Maroc, le lendemain d'une réunion de crise de la Fifa dans le même pays. Dans un communiqué publié jeudi soir, le comité exécutif de la Caf dit avoir « réaffirmé à l'unanimité son soutien à Gianni Infantino ».
Il s'agit d'une nouvelle sortie malheureuse du patron du football africain, définitivement nul en communication, en temps de paix déjà mais davantage en situation de crise. On n'a pas oublié sa conférence de presse lunaire, après avoir tenté — via le jury d'appel de la Caf — d'attribuer de force au Maroc le titre de champion d'Afrique 2025 remporté à la régulière sur le terrain par le Sénégal le 18 janvier dernier…
Le voilà qui revient avec ses gros sabots pour ramer à contre-courant d'un mouvement de protestation internationale. En dehors de cette Caf à la sauce Motsepe, Infantino n'a reçu de soutiens clairs que du Qatar et de l'Argentine. Pendant que l'UEFA et la Concacaf sont vent debout contre le projet mercantiliste, Claudio Tapia, président de la fédération argentine, apporte son « soutien total à l'équipe dirigeante qui a opéré une profonde transformation de la Fifa depuis dix ans ».
Or des voix qui comptent, y compris au sein même de la Fifa, ont désavoué M. Infantino : Arsène Wenger, directeur du développement à la Fifa, et plusieurs fédérations nationales européennes — Finlande, Suède, Danemark, Serbie, pays de Galles — qui ont annoncé qu'elles ne le soutiendraient pas lors de l'élection présidentielle de mars 2027. L'emblématique Luis Figo, lui, appelle à la démission immédiate d'Infantino, et le Ballon d'or 2000 n'est pas seul : la fédération de Norvège est sur la même longueur d'onde.
Nous ne cesserons de nous étonner de la course effrénée à l'argent qui rend certains dirigeants aveugles, y compris ceux qui semblaient déjà fortunés avant leur arrivée aux affaires. Patrice Motsepe n'est-il pas un homme d'affaires sud-africain prospère bien avant son intronisation à la tête de la Caf ? Qu'a-t-il à trembler tout le temps devant l'argent de la mafia du football ?

Emmanuel Gustave Samnick

