Lavoisier Yendé : « Le Kenya a sorti le grand jeu »
Dans les couloirs du Kasarani, après l'élimination de son équipe, le sélectionneur camerounais n'a pas cherché d'excuse devant les médias. Pas une. Lucide, presque apaisé, l'homme a fait le tri d'une voix calme.

Coach, comment analysez-vous cette déroute de l'équipe du Cameroun en demi-finale face au Kenya ?
Il faut respecter l'adversaire : le Kenya a été fort. Je pense qu'ils étaient mieux préparés que nous. Ils sont plus fournis que nous à tous les postes. Sur les six rotations, elles avaient de bons services. Nous, nous avons beaucoup péché au niveau du service. Elles ont su contrôler, elles nous ont beaucoup bloquées. On a tenté beaucoup de changements… Nous avons fait des fautes au moment où il ne fallait pas. Et ça, ça paye très cher.
Le soutien du « sixième homme », le public kényan, a-t-il été impactant sur le sort du match ?
Toute la salle de Kasarani est acquise, totalement acquise, au Kenya. Ils sont vraiment très fanatiques ici. Bon… ça compte aussi. Ça compte, mais ça n'explique pas tout.
Comment jugez-vous votre propre équipe, qui semble jeune, en transition, en reconstruction ?
Malgré le score, je pense qu'on a sorti un jeu un peu au-dessus de ce qu'on avait fait jusqu'ici. En réalité, les adversaires qu'on avait rencontrés n'avaient jamais sorti un jeu du registre que le Kenya a joué aujourd'hui. Aujourd'hui, le Kenya a sorti le grand jeu, parce qu'elles-mêmes savaient que… c'était la finale. Mes joueuses ont accepté d'aller à la lutte. Et étant allées à la lutte, je ne vais pas leur faire de reproche. Je suis de ceux qui pensent que, parfois, quand on perd, on peut dire bravo à l'adversaire — et on apprend. Ça a été une très bonne équipe.
Propos recueillis par André-Michel Essoungou



