L'Égypte surprend le Kenya en finale
Le Championnat d'Afrique féminin 2026 a été remporté vendredi à Nairobi par une étonnante sélection des Pharaones, qui a renversé les tenantes du titre kényanes devant leur public bouillant de Kasarani et n'a concédé aucun set durant le tournoi.

L'Égypte a remporté le titre en dominant le Kenya 3 sets à 0 (25-22, 25-15, 25-15) en finale jouée vendredi 4 septembre. Une victoire nette face au pays hôte, tenant du titre et dix fois champion d'Afrique. Les Égyptiennes ont surtout terminé la compétition sans perdre le moindre set. Sept matches, sept victoires et 21 manches remportées. Ce quatrième titre continental, après ceux de 1976, 1989 et 2003, leur ouvre aussi la route des Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Elles ont également obtenu leur qualification pour la Coupe du monde féminine FIVB 2027.
Pour Mariam Metwally, élue MVP de la compétition, le titre récompense aussi une ambition qui dépasse le continent : « Mon seul rêve : atteindre les Jeux olympiques. Je suis très heureuse d'avoir été élue MVP et, pour la première fois de ma carrière, meilleure réceptionneuse-attaquante. Et surtout, oui, nous sommes championnes d'Afrique ! »
La hiérarchie commence à bouger
Le succès égyptien raconte aussi une autre histoire : celle d'un volleyball féminin africain où la concurrence s'élargit. Quinze sélections étaient présentes à Nairobi. C'est l'un des signes les plus visibles de cette évolution. Certaines éditions précédentes réunissaient beaucoup moins de nations. Aujourd'hui, davantage de fédérations construisent des équipes féminines capables de participer aux compétitions continentales.
Le Kenya et le Cameroun restent des références. Les Kényanes comptent dix titres africains. Le Cameroun a remporté trois éditions consécutives, en 2017, 2019 et 2021. Mais derrière ces deux nations, d'autres équipes avancent. L'Égypte vient de reprendre le titre. Le Rwanda a atteint les demi-finales. L'Algérie, la Tunisie, le Ghana ou encore l'Ouganda ont également montré qu'il fallait désormais compter avec davantage de sélections.
Pour Yendé Tiadjoué Lavoisier, entraîneur de l'équipe féminine du Cameroun, cette évolution devrait se poursuivre. Selon lui, « le volleyball féminin est réellement en train de bouger. Je crois que ça peut encore aller plus loin. Il faut remercier le travail de la Confédération, avec l'appui de la Fédération internationale, mais aussi les hommes de médias qui rendent compte de ce qui se fait. Je crois que lors de la prochaine édition, nous allons encore découvrir beaucoup d'autres surprises ».
Pour la présidente de la Confédération africaine de volleyball, Bouchra Hajij, cette évolution est le résultat d'un travail collectif. « Je suis vraiment fière du travail accompli. Aujourd'hui, j'ai une grande famille qui est unie, solidaire et qui converge vers les mêmes objectifs : rehausser le niveau du volleyball », a-t-elle reconnu.
Nairobi 2026 a donc livré plusieurs signaux : plus de pays, une concurrence plus large, des joueuses plus expérimentées et des sélections qui se structurent. Mais le véritable indicateur du chemin parcouru sera la confrontation avec les meilleures équipes des autres continents. L'Égypte, le Kenya et le Cameroun auront cette occasion lors de la Coupe du monde féminine FIVB 2027. L'Égypte ira encore plus loin avec les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Car la progression du volleyball féminin africain ne se mesurera pas seulement à sa capacité à rendre le Championnat d'Afrique plus compétitif. Elle se mesurera aussi à sa capacité à réduire l'écart avec le reste du monde.
Source : africanews.com / Noël Kokou Tadegnon



