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La Coupe du monde de la démesure ne profite pas du tout aux fans camerounais, sevrés d'une grande partie du spectacle.

Par Hervé Charles MalkalL'Actu Sport N° 14523 juin 2026Yaoundé

Paradoxalement, la Coupe du monde de la démesure ne profite pas du tout aux fans du football. Ceux qui auraient aimé vibrer depuis les gradins en ont été empêchés par le refus indécent des visas et par les prix prohibitifs d'accès au stade. Mais également ceux qui, comme la majorité des Camerounais, croyaient être gavés de football pendant un mois et demi devant leur petit écran.

Les Camerounais, déjà frustrés de l'absence des Lions indomptables, sont réellement sevrés d'une grande partie du spectacle. Et ce n'est pas une question de décalage horaire : au Mundial 1986 du Mexique et à la World Cup 1994 des États-Unis, la télévision d'État nous montrait déjà presque l'intégralité des matches.

Cette année, deux chaînes camerounaises ont acquis les droits de diffusion très onéreux : la publique CRTV et la privée Canal 2, basée à Douala. Le hic, c'est que les deux diffusent les mêmes matches aux mêmes heures. Elles expliquent n'avoir obtenu que 44 matches sur 104. En deuxième semaine, le téléspectateur reste sur sa faim, n'ayant par exemple pu déguster la victoire du Maroc contre l'Écosse (1-0).

La réalisation télévisée elle-même ne donne pas entière satisfaction : ralentis tardifs, longs arrêts sur les tribunes VIP, réactions d'après-match diffusées en direct en allemand ou en espagnol sans traduction. Avant de nous saouler avec le bavardage d'une flopée de consultants. Le fan du foot veut seulement regarder ses matches, mais n'a même pas l'occasion de les choisir.

Hervé Charles Malkal

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