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Trump, un éléphant qui se trompe énormément

Restrictions de visas, arbitre expulsé : le Mondial 2026 démarre entaché de scandales extra-sportifs.

Par Emmanuel Gustave SamnickL'Actu Sport N° 14414 juin 2026Yaoundé
Gianni Infantino, président de la Fifa, lors d'une conférence de presse de la Coupe du monde 2026.

La Coupe du monde de football de la démesure a bel et bien démarré jeudi dernier au mythique stade Azteca de Mexico, avec la victoire en match d'ouverture du Mexique devant une symptomatique équipe d'Afrique du Sud (2-0). Une entame réussie et festive pour l'un des trois pays organisateurs, mais qui a été précédée, non pas d'un débat sur le niveau technique du jeu, mais par des affaires et des polémiques extra-sportives qui ont déteint avant l'heure sur la réputation de la plus grande compétition sportive au monde.

Une 23e édition de la Coupe du monde entachée de nombreux scandales, comme on n'en a jamais connu. Et pour cause, l'un des pays-hôtes, les États-Unis, est gouverné depuis deux ans par un va-t-en-guerre nommé Donald Trump, dont l'administration a imposé des restrictions terribles aux visiteurs désireux d'aller vivre la Coupe du monde au pays de l'oncle Sam. Une discrimination qui n'épargne personne, ni les supporters de certaines équipes du « Sud global » ni les joueurs comme ceux de l'Iran, contraints de ne séjourner aux États-Unis que le temps d'un match. Le plus gros scandale du « trumpisme », qui a ému la planète entière, c'est l'expulsion, après 11 heures d'interrogatoire, de l'arbitre somalien Omar Artan que les autorités de Washington accusent vaguement d'avoir « des liens avec des membres d'une organisation terroriste ».

L'attitude des dirigeants américains vis-à-vis des acteurs de la Coupe du monde 2026 est tout simplement inadmissible. Qu'elle soit tolérée et même adoubée par l'instance faîtière du football est encore plus révoltant. Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a beau louvoyer lors de la conférence de presse de la veille du match d'ouverture, rien n'explique que de tels abus puissent arriver dans l'univers du football. En voulant jouer les Ponce Pilate, le numéro 1 de la Fifa n'a fait que s'enfoncer.

Un pays qui postule à l'organisation de la Coupe du monde sait qu'il a un cahier des charges à remplir, comprenant notamment l'obligation de faciliter l'immigration temporaire des visiteurs pendant la compétition. Les États-Unis s'y étaient soumis en 1994 quand ils ont organisé pour la première fois la World Cup.

Si nombre de figures du football mondial regardent ces dérives avec un silence complice, d'autres comme le Français Claude Le Roy et l'ancien capitaine des Pays-Bas Ruud Gullit les ont publiquement dénoncées. Le Ballon d'or 1987 reste très critique sur le fonctionnement bancal actuel du football international.

Quant à nous, notre position est claire : la Coupe du monde, c'est la coupe de tout le monde entier, et non un privilège de certains riches et bien-pensants du monde occidental. Les restrictions imposées aux ressortissants des pays qui ont obtenu, sur le terrain, le droit d'y prendre part jettent inutilement de l'opprobre sur un rendez-vous qui est habituellement celui du vivre-ensemble planétaire.

Emmanuel Gustave Samnick

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