Mercredi 28 octobre 2026Yaoundé, CamerounÉdition en cours : N° 160

À la une › Séries › N° 158

Mécènes et grands promoteurs du sport camerounais · 4

Mario Oriani, le maillot à pois du cyclisme camerounais

Industriel italien installé au Cameroun au début des années 1970, le patron d’Ecam-Placages a énormément contribué, à sa manière, à l’essor de la petite reine entre 1980 et 2000, depuis sa base de Mbalmayo.

Par Alfred Nyambelle IyaouaN° 158Page 12
Un peloton de cyclistes dans une course sur route au Cameroun.
Le cyclisme camerounais a connu son âge d’or dans les années 1990, sous l’impulsion de Mario Oriani.

Lorsqu’il arrive au Cameroun, l’industriel italien Mario Oriani choisit de s’installer à Mbalmayo, chef-lieu du département du Nyong-et-So’o, dans la région du Centre, à une cinquantaine de kilomètres de Yaoundé. Il y crée, le 23 mars 1976, la Compagnie d’exploitation des bois du Cameroun (Ecam-Placages), spécialisée dans la fabrication de la feuille de bois (placage).

Parallèlement à ses activités économiques, Mario Oriani a une passion sportive : le cyclisme. Son homonymie avec un célèbre cycliste italien, Carlo Oriani, vainqueur du Giro (le tour cycliste d’Italie) en 1913, y est certainement pour quelque chose.

À la fin des années 1980, Mario Oriani crée le club cycliste Ecam-Placages, qui devient très vite une référence en Afrique centrale. Avec des coureurs comme Alain Ayissi, Michel Mbarga, Owono Owono ou le Centrafricain Gralinda, le club Ecam-Placages gagne plusieurs éditions du Tour du Cameroun et s’illustre lors des premières éditions du Grand Prix Chantal-Biya. Sur la scène internationale, les poulains de Mario Oriani représentent avec honneur le Cameroun sur les routes des grands tours africains (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Maroc…).

Pour que son équipe brille dans les compétitions, Mario Oriani ne lésine alors pas sur les moyens. Le matériel est moderne ; les vélos et les pièces de rechange viennent d’Italie ; les cyclistes sont pris en charge : ils ont des salaires, des primes de victoire et un suivi médical et nutritionnel adapté ; régulièrement, ils vont en stage en Italie. Sous l’impulsion de Mario Oriani, la décennie 1990-2000 a été l’âge d’or du cyclisme camerounais.

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. En 2003, Mario Oriani quitte définitivement le Cameroun et retourne en Italie. Son départ marque la fin de la belle aventure d’Ecam-Placages cyclisme. Du coup, le chef-lieu du Nyong-et-So’o, Mbalmayo, perd au change, lui dont l’équipe cycliste Ecam-Placages VC était le meilleur agent de publicité…

Mario Oriani parti, l’équipe cycliste disparue, ce n’est pas pour autant la fin des « patates », si on peut le dire ainsi. En 2010, sous l’impulsion de l’industriel depuis son Italie natale, l’académie Carlo-Oriani, en hommage au cycliste italien vainqueur du Giro en 1913, est créée. Cette académie basée à Mbalmayo a pour but de former des cyclistes des deux sexes. Les pensionnaires du club participent aux courses sur route et en VTT. Une de ses pensionnaires, Floriane Bengono Nkama, a été sacrée championne du Cameroun sur route en 2026.

Mario Oriani est parti, mais l’ombre du mécène italien plane toujours sur le cyclisme camerounais.

Alfred Nyambelle Iyaoua

Repères · Mario Oriani

  • 1970 : arrivée au Cameroun
  • 1976 : création de la Compagnie d’exploitation des bois du Cameroun (Ecam-Placages)
  • Fin 1988 : création du club cycliste Ecam-Placages
  • 2003 : départ de Mario Oriani du Cameroun
  • 2010 : création de l’académie cycliste Carlo-Oriani

Dans la même série : 1. Ibrahim Talba Malla · 2. David N’hanack Tonyé · 3. Odette Assembé Engoulou

Dans le même numéro