Hamad Kalkaba Malboum au panthéon de l'éternité
Le président du Comité olympique camerounais et de l'athlétisme africain, décédé le 13 mai, a eu droit à une grandiose cérémonie d'hommages, le 4 juillet à Yaoundé.

C'est là, dans cette enceinte chargée de symboles du palais polyvalent des sports de Yaoundé (Paposy), que Hamad Kalkaba Malboum, président du Comité national olympique et sportif du Cameroun (CNOSC), avait décidé d'organiser le Panthéon du sport camerounais, le 9 novembre 2008 : une cérémonie dédiée à honorer les 69 grandes figures du sport au Cameroun des 50 dernières années. C'est encore là que la nation entière, sous les auspices du CNOSC désormais présidé par son ex-adjoint numéro 1, le ministre Grégoire Owona, et en présence du représentant personnel du président de la République, Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports et de l'Éducation physique (Minsep), lui a rendu un vibrant hommage pour l'immense œuvre qu'il a accomplie en faveur du sport camerounais, africain et mondial.
Dans la salle principale du Paposy, sur le parquet paré pour l'occasion et dans les gradins, la grande famille du sport et de l'olympisme est venue en masse, plus de 2 000 personnes, rendre un dernier et solennel hommage à l'illustre disparu dont les portraits pavoisent les murs. Les frères d'armes du colonel à la retraite qu'était Kalkaba ne sont pas en reste, soldats du rang comme officiers supérieurs en vareuse d'apparat.
Puis ce fut le défilé sur le podium de grandes personnalités du monde du sport, certaines venues de très loin pour délivrer des messages de reconnaissance pleins d'émotion. Grégoire Owona, l'actuel président du CNOSC, a salué un « leader charismatique, un jusqu'au-boutiste, un rassembleur ». Geremi Sorel Njitap, capitaine des Lions indomptables espoirs ayant remporté la première médaille d'or olympique du Cameroun le 30 août 2000, a révélé à l'assistance le discours mobilisateur que le défunt leur tint à Sydney à l'occasion de cet exploit historique. La représentante de World Athletics, ancienne championne ougandaise des pistes, a lu le message de sympathie du patron de l'athlétisme mondial, Sebastian Coe.
La famille de l'illustre disparu, représentée par son fils aîné Abdouraman Kalkaba, a dit qu'elle garde en héritage les valeurs que Hamad Kalkaba Malboum a mises au monde d'une vie entièrement consacrée au service du sport, du Cameroun, de l'Afrique et de la promotion de la culture Musgum : discipline, sens du devoir, unité familiale, amour du pays… Moustafa Berraf, le président algérien de l'Association des comités nationaux olympiques d'Afrique (ACNOA), malgré une santé fragile, a tenu à venir personnellement à Yaoundé pour saluer la mémoire de son « frère ». Ému aux larmes, il a parlé de Kalkaba comme « un des plus grands hommes de l'Afrique », qui se battait pour que cette dernière, qui possède les meilleurs athlètes de la terre, cesse d'être un continent demandeur pour devenir un continent leader. Dans la même veine, Odette Assembe Engoulou, 1ère vice-présidente du CNOSC et membre du Comité international olympique (CIO), a martelé l'esprit Ubuntu si cher à Kalkaba, qui prône que notre force vient de « la capacité à avancer ensemble ».
Quand le Minsep, représentant personnel du chef de l'État, est monté sur l'estrade à son tour pour délivrer ce qui tenait lieu d'oraison funèbre, il n'a pas manqué de rappeler les états de service du dirigeant sportif exceptionnel qui était « une institution à lui tout seul ». On lui doit en particulier l'érection à Yaoundé des sièges de la Fédération camerounaise d'athlétisme, du CNOSC et de l'Organisation du sport militaire en Afrique (OSMA). Sans oublier l'ambitieux projet de la cité des fédérations sportives nationales sur un terrain acquis près d'Obala, que Narcisse Mouelle Kombi appelle à réactiver et à finaliser. Ce ne sera pas le moindre des hommages concrets à l'infatigable bâtisseur qui nous a quittés le 13 mai dernier.

Emmanuel Gustave Samnick


