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La FIFA, c'est aussi leur bataille

Sous l'impulsion de Mikaël Silvestre, d'anciens internationaux de renom, dont plusieurs Français, ont appelé à un changement de gouvernance à la Fédération internationale, présidée par Gianni Infantino.

Par L'ÉquipeL'Actu Sport N° 1538 septembre 2026Yaoundé
Mikaël Silvestre, à l'initiative du communiqué, a contacté près de 80 anciens joueurs.

La défiance à l'encontre du mode de gouvernance de la FIFA s'étend. Les présidents des Confédérations européenne (UEFA), asiatique (AFC) et nord-américaine (Concacaf), ainsi que certains présidents de fédérations nationales (Hongrie, Danemark, Angleterre, Suède, Serbie par exemple), ayant assuré ne plus soutenir Gianni Infantino à sept mois de la prochaine élection à la tête de l'instance, ont d'anciens internationaux de renom au soutien.

À l'initiative de Mikaël Silvestre, un communiqué établissant le refus de poursuivre avec le mode actuel de management du football mondial a été partagé sur les réseaux sociaux de plusieurs ex-joueurs et joueuses. Emmanuel Petit, Robert Pires, Olivier Dacourt, Louis Saha, Frédéric Piquionne et Jessica Houara-d'Hommeaux sont les cinq autres Français revendiquant ce texte, alors que l'ancien gardien anglais David James, ses compatriotes Lucy Bronze, Joe Cole et Sol Campbell, l'Australien Luke Wilkshire, le Grenadien Jason Roberts ainsi que l'UNFP, le syndicat français des joueurs pros, se sont joints au mouvement. « Trop, c'est trop », concluent-ils.

Silvestre, qui a contacté près de 80 anciens joueurs, espère en rallier très vite d'autres à cette cause. « Je suis engagé dans des projets avec la FIFA (il est membre d'une commission contre le racisme) mais, après ce que j'ai vu à la Coupe du monde, j'ai senti qu'il fallait prendre la parole, confie l'ancien défenseur international français (40 sélections entre 2001 et 2006). L'orientation que prend l'organisation déçoit de plus en plus de gens. Avec ce communiqué, on entend d'abord se faire entendre. Ensuite, l'idée est de s'asseoir à la table des instances, où l'on a finalement très peu de représentation. »

Pour l'heure, ces signataires ne se réclament d'aucun groupe ni syndicat. Mais, excédés par le projet de vente de parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés, ils se sont sentis légitimes pour s'exprimer. « C'est indigne du but réel de la FIFA, s'agace ainsi Petit. Après, il faut bien reconnaître que les têtes changent, (João) Havelange (président de 1974 à 1998), (Sepp) Blatter (1998-2015), Infantino (depuis 2016), les dérives sont toujours là. Mais je ne perds pas l'espoir qu'on arrive un jour à une réelle démocratie au sein de cette instance. »

Pour ne pas que ce communiqué soit « un coup d'épée dans l'eau », le champion du monde 1998 souhaite que ces ex-joueurs puissent « faire des propositions ». Lui a bien quelques idées en tête. Il aimerait déjà voir plus d'anciens footballeurs à des postes clés dans les différentes instances, nationales et internationales. « Platoche (Michel Platini), je l'ai vu l'an dernier, je lui ai dit qu'il fallait absolument qu'il revienne dans le Game, raconte-t-il. Malheureusement, il a balayé l'idée d'un revers de main. Il n'empêche : peut-on continuer à faire semblant et à regarder ailleurs dans le monde dans lequel on vit ? »

Pires embraye : « Pourquoi aucun ancien joueur ne figure au comité exécutif de la FIFA ? Peut-être parce qu'on dérange. Sûrement même. » En écho, Silvestre ajoute : « Il y a un ras-le-bol sur ce que la FIFA peut représenter. Bien sûr, elle a fait de bonnes choses, mais elles sont ternies par ce qui s'est passé depuis le tirage au sort de la Coupe du monde, et ce prix de la Paix (pour Donald Trump), jusqu'à ce projet de vente de la Coupe du monde. Rien que le fait d'imaginer cette idée me sidère. »

Pourtant, Samuel Eto'o, ancien joueur mais aussi président de la Fédération camerounaise, a lui défendu Infantino et son projet. « Je ne suis pas sûr qu'il ait bien pris la mesure de ce que ce projet représente », rétorque Silvestre.

Ce communiqué n'a pas laissé insensibles certains dirigeants d'instances internationales, qui ont pris langue avec Silvestre. « Il faut intensifier les échanges désormais, pour repenser le modèle », insiste-t-il. « Je suis persuadé que si Gianni Infantino est réélu, il remettra son projet sur la table », assure Pires. Ce groupe pousse-t-il pour un candidat capable d'affronter l'actuel président de la FIFA, en mars ? « Un candidat va émerger, j'en suis certain », lâche l'ex-défenseur de Manchester United, qui compte sur les échéances comme le tirage au sort de la Ligue des champions, prévu jeudi à Monaco, pour faire naître des idées. Il faudra cependant aller vite. La date limite des candidatures est fixée au 18 novembre.

Damien Degorre, L'Équipe, mercredi 26 août 2026. Dejan Savicevic est membre du conseil de l'UEFA, mais il y a été élu en 2017 en tant que président de la Fédération du Monténégro.

Damien Degorre | L'Équipe

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