Des Lionnes indomptables en or massif
Comme je l'affirmais après l'élimination du Nigeria, il n'y a aucune fatalité dans le football. Coup d'essai et coup de maître pour Valentine Nguelé.
C'est fait ! Voici donc le Cameroun vainqueur de la Coupe d'Afrique des nations de football féminin. Comme je l'affirmais dans mon éditorial précédent, suite à l'élimination autoritaire du Nigeria, terreur de la compétition, il n'y a aucune fatalité dans le football. Tout finit par arriver à qui sait attendre et s'y préparer. L'affiche de la finale de dimanche à Rabat était déjà inédite et nous assurait qu'un nom nouveau serait inscrit au palmarès. Le Malawi a fait forte impression pour sa toute première participation, mais c'est bien le Cameroun, qui disputait sa quatrième finale continentale, qui rejoint au panthéon du foot féminin africain le Nigeria (10 titres), la Guinée équatoriale (2 titres) et l'Afrique du Sud (1 titre).
Sous la houlette de leur sélectionneuse Valentine Nguelé, brillante technicienne locale récemment championne du Cameroun sur le banc de FC Ebolowa, les Lionnes indomptables sont — tel un moteur diesel — progressivement montées en puissance. Deux victoires poussives (2-1 face au Mali, 1-0 contre le Ghana) et un nul tactique (1-1) contre le Cap-Vert ont suffi à les propulser en tête de leur groupe, avant que la machine ne renverse l'ogre nigérian, la séduisante équipe du Maroc — qui ne tira aucun profit d'un nouveau coup de pouce de l'arbitrage en fin de prolongations — et, pour finir, les redoutables sœurs Chawinga de l'étonnant Malawi.
Bravo à cette joyeuse équipe, pleine d'humilité mais aussi de détermination, qui a franchi un à un les obstacles de son destin : éliminée au dernier tour des qualifications par l'Algérie, sauvée par l'élargissement du nombre de pays ; dotée d'un staff mis en place seulement en juin, aussitôt confronté à une fronde de deux cadres (Nchout Ajara et Meffometou) écartées ; placée dans un groupe coriace ; puis opposée aux caïds du continent en phase à élimination directe. Et tout cela en faisant le dos rond face au flot de tentatives de déstabilisation sur les réseaux sociaux — polémiques sur la préséance au sein du staff, sur de prétendues primes impayées, etc.
Le mérite des championnes d'Afrique 2026 n'en est que plus grand. Coup d'essai et coup de maître pour Valentine Nguelé, ancienne internationale, première femme nommée à ce poste, qui décroche le Graal deux mois seulement après sa prise de service. Un essai à confirmer l'an prochain au Mondial brésilien. Chapeau à Samuel Eto'o, le président de la Fécafoot, qui a eu l'audace de procéder à cette mue, et qui saura encore résister aux cris d'orfraie pour consolider plutôt cette équipe qui gagne.
Emmanuel Gustave Samnick


