Mercredi 28 octobre 2026Yaoundé, CamerounÉdition en cours : N° 160

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Éditorial · Football

Ronaldo-Messi, la fin d’une sacrée époque

Cristiano Ronaldo et Lionel Messi quittent, quasiment la même semaine et chacun à sa façon, la scène internationale. Treize Ballons d’or à eux deux : une énorme page de l’histoire du football se tourne.

Par Emmanuel Gustave SamnickN° 157Page 3
Lionel Messi applaudit le public.
Lionel Messi fait ses adieux à l’Albiceleste ce mardi à Buenos Aires, face au Bénin. (Photo d’archives)

Pendant deux décennies entières, ils ont fait le chassé-croisé sur les terrains de football qu’ils ont marqués d’une rivalité sportive et médiatique d’une rare intensité, et d’une empreinte tout à fait spéciale. Les voilà qui choisissent, quasiment la même semaine, mais chacun à sa façon, de quitter la scène internationale du ballon rond. Cristiano Ronaldo, la foudre balle au pied au tempérament volcanique, a quitté jeudi le regroupement de la sélection du Portugal avec fracas, suite à un violent désaccord avec le nouveau sélectionneur Jorge Jesus. Lionel Messi, le taiseux au toucher de balle toujours soyeux, se voit plutôt dérouler le tapis rouge par son sélectionneur Lionel Scaloni à Buenos Aires, pour son dernier match avec l’Albiceleste, en amical contre les modestes Guépards du Bénin, ce mardi soir.

C’est une énorme page de l’histoire du jeu de balle au pied qui se tourne ainsi. Sauf rebondissement spectaculaire, on ne devrait plus voir en maillot d’équipe nationale ces deux monstres sacrés, treize Ballons d’or à eux deux : huit pour la Pulga et cinq pour CR7. Une Coupe du monde, une Coupe du monde juniors, une médaille d’or olympique, deux Copa América et quatre Ligues des champions UEFA pour l’Argentin. Une Coupe d’Europe des nations, deux Ligues des nations et cinq Ligues des champions UEFA pour le Portugais. Indéniablement, on a eu affaire à deux monuments du sport le plus populaire de la terre dont on ne connaîtra probablement pas d’équivalent de sitôt.

Il ne nous reste qu’à saluer l’immense carrière que chacun des deux a offerte à la communauté universelle du football. Beaucoup s’attarderont peut-être sur leurs grands et petits défauts, mais peut-on réussir au très haut niveau du sport et pendant de si longues années en restant un homme simple, sans avoir la qualité de ses défauts, notamment cet ego surdimensionné tant décrié par certains médias ? Non, assurément ! Pour attirer une bonne partie de la lumière à soi, il faut bien faire de l’ombre aux autres.

« Pendant le dernier Mondial aux États-Unis, les deux phénomènes étaient encore, à 41 et 39 ans, les hommes de base de leurs sélections respectives. »

Et encore, moi je ne retiendrai que l’immense talent de ces footballeurs hors normes, si différents par leur approche de la vie mais rassemblés par une obsession de la gagne, une exigence de la préparation athlétique infaillible qui fait qu’ils ont très rarement été privés de compétition pour de longues blessures et n’ont jamais été pris à défaut dans un soupçon de tricherie quelconque. Ils ont une soif insatiable de la performance qui fait que l’on parle encore d’eux à 41 ans (Ronaldo) et à 39 ans (Messi).

Avant eux, on était loin d’imaginer que des icônes du football pourraient briller dans la quarantaine. Le roi Pelé, le plus grand de tous les footballeurs de l’histoire, arrêta sa carrière à 37 ans. Tout comme quasiment Franz Beckenbauer (38 ans), alors que les Ronaldo da Silva, Ronaldinho et Zidane l’ont fait un peu plus tôt encore (34 ans). N’en parlons pas de Michel Platini (32 ans) ! Jusque-là, la légende camerounaise Roger Milla était la seule exception qui émerveilla le monde en illuminant la Coupe du monde à 38 ans, en 1990, et encore le célèbre retraité des stades ne fut qu’un joker de luxe le temps d’un tournoi.

Or Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, toujours actifs dans leurs clubs professionnels respectivement aux États-Unis et en Arabie saoudite, étaient encore, pendant le dernier Mondial en juillet aux États-Unis, les capitaines et les hommes de base de leurs sélections respectives. Et si la messe semble définitivement dite pour Lionel Messi, qui aura des adieux grandioses ce mardi lors de son dernier match annoncé avec l’équipe d’Argentine en amical contre le Bénin, rien ne dit que c’est véritablement la fin pour son compère Cristiano Ronaldo, toujours obsédé par le record de 1 000 buts en carrière… Le sélectionneur actuel du Portugal, se rendant compte de la bourde qu’il avait commise en faisant échauffer CR7 sans le faire entrer en jeu, d’où le clash de la semaine dernière, a mis de l’eau dans son vin le week-end, ouvrant du même coup la porte à un retour du phénomène Ronaldo : « Je pense que c’est facile à régler. Pour la prochaine fenêtre internationale, il sera convoqué. S’il le souhaite, il reviendra parmi nous. Nous en reparlerons avant la prochaine liste, mais c’est à lui de décider. »

Une dernière danse, un ultime crochet déroutant de celui qui fut formé comme ailier au Sporting de Lisbonne ? Pourquoi pas ! Mais grand merci déjà pour son immense carrière. Seul et en duo de légende avec Messi. Respect.

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