De l'overdose des compétitions de football au Maroc
Le Royaume chérifien est devenu l'épicentre du football continental. Au risque de l'indigestion ?
Coupe d'Afrique des nations masculine seniors du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, CAN masculine cadets du 13 mai au 2 juin 2026, CAN féminine seniors du 25 juillet au 16 août 2026… En l'espace de huit mois, le royaume du Maroc s'adjuge l'organisation de trois tournois officiels majeurs de football. Le constat est flagrant : le Maroc est devenu une terre de prédilection pour le football africain et l'épicentre des compétitions de premier plan sur le continent.
Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Pour moi, cette overdose commence à devenir indigeste, d'autant qu'il n'y a pas de raison objective pour que la Confédération africaine de football (CAF) concentre, à la même période, dans un seul de ses 54 pays membres, l'essentiel des coupes d'Afrique des nations. Certes, le Royaume chérifien dispose des infrastructures adéquates, mais est-il le seul ? Absolument pas !
Si la grande CAN n'est pas à la portée de tout le monde, on ne saurait en dire autant de la CAN féminine ou de la CAN U17, comme celle qui vient de s'achever le 2 juin au Maroc avec la victoire du Sénégal sur la Tanzanie (1-1, 4 t.a.b. à 2). C'est en regardant ce match plaisant, joué dans l'immense stade Prince Moulay Abdellah devant à peine 2 000 spectateurs, qu'il m'est venu l'idée de cet éditorial. Et ce fut une image désastreuse que de voir une finale continentale se jouer dans un stade de 69 500 places qui sonne creux.
J'ai couvert ma première CAN féminine en 2006, organisée dans deux petits stades de 5 000 places à Warri et Owerri, au Nigeria. Et, croyez-moi, ce fut une très belle compétition ! Il y a de nombreux pays en Afrique qui peuvent accueillir aujourd'hui les « petites » CAN, dans de petits stades fonctionnels et chaleureux. Pas besoin de surcharger le très hospitalier Royaume chérifien, qui aura déjà le gros challenge d'accueillir une partie de la Coupe du monde 2030.
Emmanuel Gustave Samnick


