André Ngong : « Depuis deux ans, un travail de fond est fait pour développer le badminton à la base »
Le directeur technique national de badminton présente le bilan des athlètes camerounais au Cameroon International Challenge qui s'est tenu au Palais polyvalent des sports de Yaoundé du 3 au 6 septembre 2026. Il éclaire aussi sur les formations au niveau national.

Quel bilan du Cameroon International Challenge peut-on dresser pour la Team Cameroon ?
Au terme de cette compétition, la Team Cameroun, qui était constituée de 12 athlètes dames et hommes, s'est enregistrée sur tous les cinq tableaux : simple hommes, simple dames, double dames, double hommes et double mixte. Mais compte tenu du niveau assez élevé de cette compétition, sur beaucoup de tableaux, nous n'avons pas pu atteindre les demi-finales, sauf le tableau double mixte où le Cameroun a eu à atteindre les demi-finales et remporter sa médaille de bronze. Donc, en termes de bilan, nous avons obtenu une médaille de bronze dans ce tournoi International Challenge Cameroun 2026. Mais toute l'équipe s'est bien comportée autant en simple hommes et en simple dames, en double hommes qu'en double dames, parce que les matchs étaient tous disputés. Et les Lions du Cameroun de badminton ont tous mouillé le maillot, au grand plaisir des téléspectateurs qui étaient présents au Palais polyvalent des sports.
Alors, un bilan sur le comportement des Camerounais dans chaque catégorie ?
Le Cameroun, en double hommes, a d'abord joué les qualifications. Et sur deux de leurs matchs, ils se sont retrouvés à jouer les 16e de finale. Et en double dames et double messieurs, nous avons atteint le cap des quarts de finale, mais face à l'expérience européenne et asiatique, nous avons plié l'échine. Sans compter que nous sommes en train de monter en développement de cette discipline au Cameroun. Nous n'avons plus connu de matchs où les étrangers nous donnaient deux sets à zéro avec des scores de 21-2, 21-3. Nous sommes arrivés au niveau où, pour perdre un match, il faut que le Cameroun puisse gagner au moins un set parmi les trois sets qui sont en compétition dans un match. Donc, tous les matchs étaient disputés, le Cameroun a accru son niveau. Vous voyez, c'est le niveau mondial ici. Nous avons eu la participation de 24 pays venant des cinq continents, parce que nous sommes en train de jouer une compétition qui offre un grand nombre de points dans le ranking mondial du badminton. Et si on arrive à avoir une médaille de bronze, ça veut dire que, au niveau africain, on monte déjà. Nous espérons que lors des prochains championnats d'Afrique, nous allons avoir une cagnotte assez conséquente.
Donc, satisfait de la prestation de vos badistes ?
La compétition était assez compliquée et intense pour eux. Ils ont eu à produire du spectacle et nous avons eu la chance pour le tableau double mixte d'avoir notre paire Paul Christ Assembe et Maeva Princia Anamba, qui ont été qualifiés en demi-finale pour avoir une médaille de bronze. Malheureusement, leurs adversaires étaient plus coriaces, mais cette paire n'a pas démérité parce que le spectacle-là était assuré de bout en bout. Et c'est au 3e set que nous avons eu à remporter ce match. Le Cameroon International Challenge, c'est le dernier niveau du grade 3 des compétitions de la Badminton World Federation (BWF). Alors, si vous voyez les athlètes venus de tous les cinq continents participer, c'est parce que le nombre de points, qui est mis en jeu pour le ranking individuel à la BWF, est assez élevé.
Il y a aussi le prize money ?
Oui ! Évidemment, le challenge offre un prize money plus élevé que l'International Series ou le Future Series. Le prize money, c'est 20 000 dollars [11 288 600 FCFA, NDLR]. Ces 20 000 dollars sont distribués à partir des quarts de finale pour les simples et puis les demi-finales pour les doubles. Et cette compétition est prisée par beaucoup d'Asiatiques et surtout l'Inde, qui est en train de prendre la tête dans cette compétition.
On va dire qu'il faut beaucoup de travail au Cameroun pour atteindre le niveau de certains de ces pays ?
C'est un travail qui a commencé depuis quelque temps. Si on se retrouve à ce niveau déjà à obtenir des médailles de bronze, nous sortons des programmations parfois où on était toujours éliminé au premier tour avec des scores assez écrasants. Depuis deux ans, il y a un travail de fond qui est en train d'être fait. Ce qui fait en sorte que même quand le Cameroun perd, c'est après avoir mouillé le maillot, comme on le dit souvent, et rendu fier le public camerounais.
Vous avez quand même présenté les meilleurs des athlètes du Cameroun ?
Oui, c'est les meilleurs, la crème du badminton camerounais qui était présente là à cette compétition. Et le travail continue parce que nous avons notre programme qui ratisse large dans le Cameroun tout entier. C'est pour commencer à développer le badminton à la base à partir des écoles, de la rue, pour assurer une relève au plan national. Et ces enfants sont suivis depuis deux ans.
Et la suite du programme prévoit quoi après cet événement ?
Oui, après le Cameroon International Challenge, les programmes de la fédération prévoient : en novembre, une compétition nationale jeunes, justement dédiée aux élèves des écoles du badminton du Cameroun. Aussi, une activité de formation des entraîneurs à l'intention des universités et grandes écoles, parce que nous avons aussi, après avoir introduit le badminton dans les Fenassco B et A, à préparer la participation aux Dixiades. Il est grand temps qu'au niveau des seniors et des universités, le badminton soit intégré. Et nous avons entamé ce plan qui prend corps effectivement en novembre avec la formation des encadreurs. Et en décembre évidemment, nous participerons aux Dixiades organisés par le Comité national olympique et sportif du Cameroun, à Douala.
Propos recueillis par André T. Essomé


