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Valentine Nguelé faite patronne des coaches du football féminin

L'entraîneur de FC Ebolowa a été élevée à ce grade par l'Amicale des entraîneurs du football féminin du Cameroun, au cours d'une cérémonie de présentation des médailles par la championne de la 14e CAN, à Yaoundé, vendredi 11 septembre 2026.

Par André T. EssoméN° 154Yaoundé
Valentine Nguelé, sélectionneuse championne d'Afrique, devant ses pairs du football féminin camerounais.
Valentine Nguelé, sélectionneuse championne d'Afrique, devant ses pairs du football féminin camerounais.

L'ambiance était détendue et conviviale dans la salle des fêtes d'Ecopark, dans l'arrondissement de Yaoundé 3, l'après-midi du vendredi 11 septembre 2026. Un moment unique et spécial de retrouvailles entre entraîneurs, présidents de clubs, journalistes et communicateurs du football féminin du Cameroun, qui ont massivement répondu à l'invitation de Valentine Nguelé pour leur présenter ses métaux engrangés à l'issue du triomphe des Lionnes indomptables à la Coupe d'Afrique des nations de football féminin (CAN) CAF TotalEnergies, Maroc 2026.

Une première pour ces techniciens et professionnels d'une discipline sportive qui n'a toujours pas une bonne assise dans les cœurs des Camerounais, mais qui, depuis le 16 août dernier, a placé le Cameroun au firmament du ballon rond de l'Afrique. Valentine Nguelé n'a pas voulu savourer son titre toute seule, elle a pensé à communier avec ses collègues entraîneurs et avec les femmes et hommes de médias, avec lesquels elle partage les mêmes aires tout au long de la saison, au-delà des rivalités qui les opposent pour la conquête du podium.

Et surtout que la victoire à la 14e CAN est le fruit des efforts de plusieurs. Les joueuses de la sélection nationale A viennent aussi des clubs du championnat de première division de football féminin du Cameroun, la Guinness Super League.

« Nous travaillons ensemble et depuis trois mois [le 12 juin 2026, NDLR] déjà, le Seigneur a fait grâce, j'ai été promue à la tête de la sélection féminine de football. Et je suis allée au Maroc et par la grâce de Dieu, nous avons ramené la médaille d'or. C'est cette médaille que je suis venue vous présenter aujourd'hui. Et aussi, on a été reçus au Palais de l'Unité [le 22 août 2026, NDLR], on a reçu une autre médaille [du Chevalier de l'Ordre et de la Valeur, NDLR]. Donc, ça fait deux médailles. C'est tout simplement le moment de partage et de joie que je voudrais qu'on puisse passer ensemble autour de quelque chose. Ça nous réjouit, ça nous fait oublier les moments de stress, de pression. En fait, je suis contente d'être avec vous ! », a indiqué l'heureuse du jour.

Et bientôt la Coupe du monde

Objets de curiosité, la médaille d'or et la médaille de Chevalier de l'Ordre et de la Valeur décernée par le président de la République, Paul Biya, aux joueuses et au staff technique. Valentine Nguelé les fait fièrement toucher par chaque participant. Et à la séance des photos individuelles avec elle, elle accroche la médaille d'or au cou de chaque personne et photographes et caméras les immortalisent. Le somptueux cocktail est arrosé par des airs de musiques en live des artistes de la boîte. Joyeusement, les participants font des commandes de leurs chansons préférées à leur guise.

« Des moments comme celui-ci manquent dans notre milieu. Cet instant efface toutes les tonnes de pluie et de chaleur que nous consommons toute la saison à Odza. Merci, Valentine Nguelé ! », a commenté un des participants sur le groupe WhatsApp de la Ligue de football féminin du Cameroun (LFFC).

Entraîneurs, présidents de clubs et journalistes du football féminin réunis autour de Valentine Nguelé.
Entraîneurs, présidents de clubs et journalistes du football féminin réunis autour de Valentine Nguelé.

Déjà, les yeux scrutent le ciel de Brésil 2027, où les Lionnes indomptables prendront part à la Coupe du monde de juin à juillet. « Je suis parti de très loin, de Garoua, plus précisément de Pitoa, pour être ici. Je ne pouvais pas manquer l'invitation de ma fille. Alors, je vais d'abord demander à l'assemblée d'applaudir pour notre championne, parce que personne ne les attendait à ce niveau. Au nom de l'Amicale des entraîneurs de football féminin du Cameroun, je me lève : félicitations, ma fille ! Aujourd'hui, Valentine est notre patronne. Ça, il faut aussi l'applaudir ! Quand je vois d'où elle sort et où elle est aujourd'hui, c'est beaucoup de sacrifices ! Continue dans cette lancée, le chemin est encore très long, très, très long. Il y a la Coupe du monde, il y a les Jeux olympiques, continue à être rigoureuse et à t'adonner au travail », a indiqué Samuel Moussongo, coach d'Agai FA de Pitoa, descendu en D2 régionale à la fin de la saison.

Pour rappel, le samedi d'avant, 5 septembre, Valentine Nguelé avait déjà été honorée par les élites de son département, la Mefou-et-Akono, au cours d'une cérémonie grandiose organisée à Ngoumou, la ville dont l'une des rues portera désormais son nom, suite à une résolution du conseil municipal de la commune de Mfou.

« C'est la grâce de Dieu qui nous a accompagnés »

En marge du repas convivial offert vendredi à ses convives, madame le sélectionneur des Lionnes indomptables a été questionnée sur les clés de son succès inattendu à Rabat. Les entraîneurs voulaient en savoir plus sur sa gestion des humeurs des joueuses et de la pression du public marocain. Quant aux journalistes, ils ont voulu comprendre l'état d'esprit de l'équipe avant les quarts de finale contre le Nigeria, légendaire bête noire du Cameroun, et au cours de la demi-finale électrique contre le pays organisateur. Sans détour, Valentine Nguelé a répondu :

« On s'est préparé à sortir des matchs de groupe. Maintenant, peu importe qui est-ce qu'on aurait en quarts de finale. Et voilà, c'était le Nigeria. Non seulement il fallait traverser le Nigeria pour se qualifier pour la Coupe du monde mais également pour la suite de la CAN. Ce match, on l'avait préparé naturellement comme tout le reste des matchs. On savait les forces et les faiblesses du Nigeria et nous avions tout simplement envie de faire le jeu. On avait nos forces et la solidarité des filles également. On avait toute une équipe qui était vraiment très solidaire : l'encadrement technique, le reste des collaborateurs, les joueuses, l'administration. C'est ce qui a permis à ce que nous puissions prendre le dessus sur l'adversaire. »

Puis le match de demi-finale contre le pays organisateur est remis sur la table : « Pour le match de demi-finale contre le Maroc, déjà, on part à cette Coupe d'Afrique en tant que non-favorites. Les autres équipes sont favorites et le Maroc principalement est un favori plus, plus, plus. Et ce match est vraiment difficile dans la mesure où il y a le public et tout un peuple qui attend le résultat. Maintenant, il faut s'attendre à ce que certaines choses puissent arriver dans un match pareil. On avait eu le temps de travailler ça à l'entraînement : les tirs au but, il fallait se préparer à toute éventualité. Ce penalty qui arrive au cours du match, à la fin, à moins de 2 min, nous sommes tous vraiment dépassés et on se remet tous entre les mains du Seigneur, parce que vraiment, à l'heure-ci, on ne peut plus rien ! En tant que responsable, tu attends seulement l'exploit de la gardienne. Et je crois que c'est ce qui a été fait. Elle [Michaely Bihina, NDLR] était exceptionnelle, elle a retiré ce ballon qui nous a envoyés carrément aux tirs au but où elle a été encore extraordinaire. Donc, je crois que la grâce de Dieu nous a accompagnés. »

André T. Essomé

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