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Ne baissez pas votre charisme, Monsieur Collina !

Entre les lubies d'expansion d'Infantino et un arbitrage calamiteux, le Mondial 2026 a terni la fête. La défense de Collina sonne faux.

Par Emmanuel Gustave SamnickL'Actu Sport N° 14815 juillet 2026Yaoundé

Vivement dimanche 19 juillet, pour la finale de la 23e édition de la Coupe du monde de football ! Mais cette Coupe du monde gargantuesque à 48 équipes n'a même pas encore baissé pavillon que son principal organisateur, le président de la Fédération internationale de football association (Fifa), Gianni Infantino, jette déjà un nouveau pavé dans la mare : il annonce que les comités compétents de la Fifa vont se prononcer en temps opportun sur sa nouvelle lubie, l'élargissement (encore) de la Coupe du monde à 64 équipes. Mais jusqu'où ira le patron du football mondial avec ses gros sabots dans l'œuvre méthodique de strangulation à vitesse grand V du sport le plus populaire de la planète ? Les présidents des fédérations nationales, électeurs du président de la Fifa, vont-ils continuer à se rendre complices de cette mascarade majuscule ?

Pour l'heure, cette édition américaine XXXL du Mondial aura été marquée par de nombreux scandales, en particulier de très mauvaises décisions arbitrales. Cela a même donné du grain à moudre aux farouches opposants à la VAR, notamment la légende Michel Platini, ancien président de l'UEFA, qui n'y est pas allé de main morte : « La VAR est le moyen le plus légal de truquer les matches. Avec l'intelligence artificielle, on peut replacer un joueur, simuler un contact qui n'existe pas. Le football est désormais contrôlé. »

Pour ma part, farouche défenseur de la VAR, ce n'est pas la technologie qui fait problème, mais son usage suspect, effectivement. Si elle permet de rattraper ne serait-ce qu'un abus ou une erreur par match, c'est déjà une belle avancée. Seulement, le drame, c'est que les bons arbitres, impartiaux et honnêtes, sont devenus un bien rare. Dans cette Coupe du monde 2026, l'Anglais Michael Oliver est l'une des rares exceptions, et on a vu comment il sait se faire aider, dans le bon sens, par la VAR. Et ce n'est pas une surprise, puisqu'on le voit régulièrement à l'œuvre en Premier League et en Ligue des champions. Contrairement à la foule des médiocres, qui n'acceptent d'avoir recours à la VAR que pour se donner bonne conscience tout en persistant à fausser la destinée des rencontres, comme l'ont fait par exemple les sinistres sifflets français François Letexier et Clément Turpin. Le premier, accusé par les Argentins avant leur 8e de finale contre l'Égypte, s'est révélé plutôt le bourreau en chef des Pharaons. Comme par hasard, dans cette affaire, les faveurs des hommes en noir ne sont jamais dirigées vers les équipes africaines…

Dans ce contexte, la défense légitime de ses collègues que prend Pierluigi Collina, le président de la commission de l'arbitrage à la Fifa, prend des allures de déni et même d'indécence. Celui qui fit l'unanimité du temps où il officiait avec autorité et respect dans les stades du monde a déclaré sur le site officiel de la Fifa : « Dans l'ensemble, nous sommes satisfaits. Cependant, avec un nombre aussi élevé de matches disputés sur une période relativement courte, il est normal que certaines choses ne se déroulent pas comme prévu. Les discussions constructives sur les décisions feront toujours partie du football, mais les allégations infondées n'ont pas leur place dans notre sport. Personne ne peut remettre en cause l'intégrité des officiels de match de la Coupe du monde de la Fifa. »

Le bon vieux Collina, ancien arbitre intègre sans discussion possible, à défaut de se taire au sujet de l'arbitrage en cours comme le font généralement les organisateurs, aurait pu se contenter de dire que ses successeurs sur le gazon vert sont simplement des hommes, avec leurs qualités et leurs défauts. Vouloir les adouber de la sorte sonne faux. Car les sifflets du Mondial 2026 auront été manifestement calamiteux, en grande majorité et dans des moments critiques.

On se consolera néanmoins en se souvenant des beaux buts enregistrés et qui, pour la plupart, n'ont pas été invalidés pour une once ou un soupçon de hors-jeu rarement clairement montré par la réalisation TV des matches, qui, elle aussi, fut l'un des points sombres de ce rendez-vous planétaire dont le spectacle était regardé tard dans la nuit dans cette partie du globe où vivent les désespérés Africains.

Emmanuel Gustave Samnick

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