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La loi du moins sport

En annulant la suspension de Folarin Balogun après un appel de Donald Trump, la Fifa a déclenché une tempête. Infantino n'en sera pas empêché de rempiler.

Par Étienne Moatti (L'Équipe)N° 148Yaoundé
Gianni Infantino et Donald Trump : le fait du prince a fait scandale.
Gianni Infantino et Donald Trump : le fait du prince a fait scandale.

Plus c'est gros, plus ça passe. Depuis son accession à la présidence de la FIFA en 2016, Gianni Infantino cherche rarement à sauvegarder les apparences. Avec l'annulation de la suspension ferme de Folarin Balogun — l'attaquant américain expulsé pour une semelle dangereuse lors du 16e de finale contre la Bosnie — la ficelle est énorme. Le règlement prévoit une suspension automatique d'un match, non susceptible d'appel. Mais après un coup de téléphone de Donald Trump à son ami Gianni, la sanction a été revue et corrigée via l'article 27 du règlement.

Le fait du prince a déclenché un séisme au royaume de Belgique, dont le sélectionneur Rudi Garcia a dénoncé « une blague digne du 1er avril ». La classe politique, pour une fois unie, a évoqué « une honte », « un scandale ». D'autant que la FIFA, dans ses statuts, est censée condamner toute ingérence politique : elle a régulièrement sanctionné des fédérations (Congo-Brazzaville, Pakistan, Kenya, Gabon) quand le pouvoir local se mêlait de football.

Le patron de l'instance a l'habitude de décider seul, comme le prix FIFA de la paix décerné à Trump. « Il n'y a pas de contre-pouvoir », témoigne un habitué des réunions internationales. Dans quelques mois, Infantino briguera un nouveau mandat de quatre ans, vraisemblablement sans opposant. Les Européens montrent parfois les dents, mais ne mordent jamais.

Étienne Moatti (L'Équipe)

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