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Éditorial · Volleyball

« Taille-break », pas au programme

Par Emmanuel Gustave SamnickN° 156Page 3
« Taille-break », pas au programme

Les Lions indomptables du volleyball sont rentrés au Cameroun vendredi dernier, le cœur léger et les visages inondés de lumière, après avoir participé avec brio à la 25e édition du Championnat d’Afrique des nations seniors messieurs que la Tunisie a accueilli du 13 au 25 septembre 2026. Les joueurs de Patrice Ndaki-Mboulet n’ont pas ramené une troisième couronne continentale au bercail, mais ils sont revenus avec une précieuse médaille d’argent qui porte témoignage du sentiment du devoir accompli.

Certes l’équipe du Cameroun s’est inclinée face à la Tunisie en finale sur le score sévère de trois sets à zéro (25-22, 25-18 et 25-19). Les Lions indomptables concluent ainsi leur parcours à la deuxième place du tournoi. Mais il s’agit d’une belle performance qu’il faut célébrer sans complexe d’autant que très peu l’envisageaient avant la compétition. Avec un effectif diminué où figuraient à peine deux joueurs professionnels évoluant à l’étranger, et dans un contexte national toujours marqué par un bicéphalisme quasi surréaliste dans l’administration de la Fédération camerounaise de volleyball, il y avait en effet de quoi ne pas rêver trop grand. Et pourtant, les Lions indomptables et leurs encadreurs ont relevé le défi. Bravo! Bravo! Bravo!

A côté du titre collectif de vice-championne d’Afrique, l’équipe du Cameroun a aussi brillé en terre tunisienne par ses talents individuels. Comme en témoignent les distinctions individuelles attribuées au terme de cette édition du Championnat d’Afrique des nations. Avec trois joueurs nommés, le Cameroun est d’ailleurs la nation la plus représentée dans l’équipe-type du tournoi, grâce à son capitaine Christian Voukeng et à William Tanga Mvilongo classés aux deux postes centraux, ainsi qu’à Élie Tanga Mvilongo cité parmi les réceptionneurs-attaquants. Et comme si cela ne suffisait pas, le Cameroun a également été dignement représenté dans le corps arbitral de la compétition par l’arbitre Anderson Mboumteke.

En somme, la délégation camerounaise rentre de Tunis avec énormément de lauriers qui sont autant de certitudes sur la bonne santé de cette discipline sportive, en dépit des défis multiples qu’elle rencontre au quotidien.

Rappelons que le Cameroun émerge vice-champion dans une compétition qui était très relevée, le Championnat d’Afrique des nations de volleyball masculin 2026 ayant réuni 13 pays répartis dans quatre groupes : Ghana, Tunisie et Kenya dans le groupe A ; Egypte, Gambie et Maroc dans le groupe B ; Algérie, Tchad et Nigeria dans le groupe C ; Rwanda, République centrafricaine, République démocratique du Congo et Cameroun dans le groupe D.

En clair, contre vents et marées, le volleyball camerounais tient solidement son rang dans la hiérarchie du continent africain où il s’est installé depuis quatre décennies maintenant. Il figure dans le top 4 africain dans tous les cas de figure. Dans le classement de la Fédération internationale de volleyball (FIVB), le Cameroun se trouve 56e mondial, soit 4e pays africain, derrière l’Egypte (27e), la Tunisie (43e) et le Nigeria (53e).

Au niveau du palmarès du Championnat d’Afrique des nations masculin, le Cameroun se classe encore numéro 4, et demeure le seul pays d’Afrique subsaharienne à avoir déjà soulevé le trophée continental : Tunisie (12 titres), Egypte (9 titres), Algérie (3 titres) et Cameroun (2 titres).

Ainsi, avec deux titres de champion d’Afrique (1989 et 2001) et déjà six fois vice-champion continental en tant que malheureux finaliste, le Cameroun peut se targuer d’être une puissance continentale dont le déclin est sans cesse renvoyé aux calendes grecques, quoi qu’en disent les oiseaux de mauvais augure. Pour les Lions indomptables du volleyball donc, pas de pause dans la haute performance. Ce n’est pas encore la mode ‘’taille-break’’.

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