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L’Événement · Entretien

Nchout Ajara Njoya : « Il y a des offres qu’on ne peut pas refuser »

Retour au Cameroun, choix du cœur, offre saoudienne, Ballon d’or manqué et finale de la CAN 2016 perdue à Yaoundé : la nouvelle recrue de Lekié FF se livre.

Réponses rassemblées par Simplice MoussingaN° 158Page 5
Portrait de Nchout Ajara Njoya, maillot turquoise de Lekié FF.
Nchout Ajara Njoya, nouvelle attaquante de Lekié FF.

Si Nchout Ajara, 33 ans, signe à Lekié FF, n’est-ce pas déjà le début de la fin ? N’est-ce pas parce que les clubs professionnels en Europe et en Asie ne pouvaient plus vous solliciter ?

Non ! Quand tu vois mon statut et le parcours que j’ai fait, est-ce que je peux manquer de club en Europe ? Jamais. Il faut savoir que j’ai eu peut-être quatre ou cinq propositions : en France (à Marseille), en Australie, en Arabie saoudite (Al-Nassr). Mais je pense qu’aujourd’hui, j’ai aussi quelque chose que je peux donner au football camerounais, en participant à la Guinness Super League. C’est un championnat qui est vraiment à féliciter. Vous voyez aujourd’hui une joueuse qui quitte la Guinness Super League et va signer un contrat professionnel en première division en Europe, aux États-Unis. Donc ça veut dire qu’il y a aussi le niveau ici au Cameroun.

Pourquoi le choix de Lekié FF ?

Je pense que Lekié FF, c’est vraiment un bon club que j’ai toujours admiré, même quand je jouais en Occident. Ils ont une présidente qui aime le football féminin et à qui je dis vraiment merci, parce qu’elle a quand même pu me dire des mots touchants qui m’ont fait prendre la décision de revenir au Cameroun. (…) Mon retour à Lekié FF, c’est un choix de cœur. C’était un rêve de revenir au Cameroun et de jouer avec mes sœurs. Le projet était intéressant et j’ai décidé de rejoindre l’équipe.

Aujourd’hui le choix du cœur avec Lekié FF, mais hier, qu’est-ce qui vous a poussée à aller jouer en Arabie saoudite ?

Certes, on joue pour le plaisir, mais la finalité pour une professionnelle du football reste l’argent. J’étais bien à l’Inter, mais l’offre saoudienne était particulièrement avantageuse. Ce qu’on me proposait représentait peut-être quatre ou cinq fois ce que je gagnais à Milan. Je n’ai pas hésité une seule seconde : j’ai immédiatement saisi l’opportunité. Il y a des offres qu’on ne peut pas refuser, surtout lorsqu’elles se présentent rarement deux fois.

Avec les Lionnes indomptables, vous avez connu de grands moments, comme cette participation à la Coupe du monde 2019…

Ah oui, 2019, c’était vraiment ma meilleure saison. Je n’avais jamais fait quelque chose comme ça, en plus de ce qu’on a fait à la Coupe du monde, à la dernière minute, pour amener l’équipe nationale au deuxième tour.

Avez-vous digéré la déception de n’avoir pas remporté le Ballon d’or cette année-là ?

Je n’ai pas reçu de trophée et, sincèrement, j’étais très déçue, comme tout le monde. Mais c’est le foot, il y a certaines décisions qu’il faut accepter. Il y a certaines choses, pour éviter de se cogner la tête, qu’on ne peut pas dire devant les caméras. Mais si je dois dire la vérité : la mafia existe dans tout. Humblement, je méritais le Ballon d’or.

Autre grosse déception, la finale de la CAN perdue à la maison en 2016…

Ça a été terrible ! Bizarrement, on gagne tous les matchs de la compétition, les matchs de groupe, la demi-finale… Mais en finale, on perd contre le Nigeria (1-0). On perd à la dernière minute alors que, tout le match, on a dominé. Le Nigeria a eu une seule action de but et elles ont marqué. Nous, on a eu plusieurs actions qu’on n’a pas pu concrétiser, à Yaoundé. C’était pourtant une finale qu’on méritait de gagner.

Réponses rassemblées par Simplice Moussinga

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